A quel sucre se vouer ?
Le fructose n'est pas à l'abri de tout soupçon sur le plan des risques cardiovasculaires. Une étude basée sur du sirop de maïs riche en ce sucre montre qu'il provoque des modifications défavorables du profil lipidique.
Tous les édulcorants ne diminuent pas le risque cardiovasculaire, selon une étude récemment publiée par Stanhope et al. (USA) dans l'American Journal of Clinical Nutrition. Ces auteurs ont recherché une relation de type dose-effet entre les boissons édulcorées avec du sirop de maïs à haute teneur en fructose (55%, le reste du sucre étant du glucose).
Allers et retours vers l'hôpital
Leur étude était construite avec groupes parallèles, non randomisée et en double aveugle. Les patients étaient des adultes âgés de 18 à 40 ans. Leur BMI se situait entre 18 et 35 et ils ont déclaré que leur poids était resté stable au cours des six derniers mois précédant l'étude. Ils ont séjourné à l'hôpital pendant 3,5 jours pour permettre l'acquisition de leurs paramètres de départ, pendant qu'ils recevaient une alimentation standard. Puis ils ont consommé pendant 12 jours des boissons contenant différentes concentrations de ce sirop riche en fructose. Les consommations étaient calculées de manière à couvrir respectivement 0% (n=23), 10% (n=18), 17,5% (n=16) ou 25% (n=25) des apports énergétiques journaliers, selon les groupes. Pour le groupe recevant des boissons à 0% de sirop riche en fructose, les liquides consommés étaient édulcorés à l'aspartame. A la suite de cela, ils ont à nouveau séjourné 3,5 jours à l'hôpital, recevant une alimentation standard. Pendant ces trois jours, des prises de sang ont à nouveau été effectuées tout au long des 24h.
Augmentation linéaire
La consommation de boissons contenant 10%, 17,5% et 25% des apports énergétiques sous forme de sirop riche en fructose a donné lieu à des augmentations significatives, dose-dépendantes et linéaires du taux postprandial de triglycérides, du taux LDL-cholestérol à jeun et de celui de l'acide urique. Par comparaison avec les boissons ne comprenant pas ce sucre (0%) les deux dosages les plus élevés ont aussi augmenté le cholestérol non-HDL, le LDL, l'apoprotéine B et l'apoprotéine CIII. Ces substances étant des facteurs de risque cardiovasculaire, les auteurs concluent que leur résultats sont en concordance avec les études épidémiologiques montrant que la mortalité cardiovasculaire est positivement associée à la consommation de sucres ajoutés.