Débats autour des cellules souches
De nombreux essais sont en cours pour tenter d'utiliser des cellules souches dans l'insuffisance cardiaque et des résultats ont déjà été engrangés. Mais les questions scientifiques restent ouvertes concernant les mécanismes d'action de ces cellules. Et le débat fait également rage sur le plan éthique.
Différents essais cliniques concernant l'injection de cellules souches chez des patients en insuffisance cardiaque sont en cours en différents endroits du monde. Des essais d'un autre type, avec injection d'ADN nu portant le gène du VEGF, avaient déjà eu lieu sans résultats convaincants. Cette démarche se basait sur le constat qu'après un infarctus, une cause importante d'insuffisance cardiaque, 600 à 1.000 gènes sont régulés à la hausse ou à la baisse dans la région en ischémie.
Des résultats indéniables
L'injection de cellules souches a pour fondement le constat fait, il y a une dizaine d'années déjà, que des cellules CD34+ étaient susceptibles de stimuler l'angiogenèse. Ce sont donc des cellules de ce type que l'on s'efforce d'utiliser aujourd'hui, après stimulation.
Dans l'insuffisance cardiaque non ischémique, ces cellules souches ont amélioré la performance myocardique, la capacité fonctionnelle et l'activation neuro-humorale. Dans l'insuffisance cardiaque ischémique, des cellules dérivées de cardiosphères ont montré leur capacité à limiter la cicatrice cardiaque, à augmenter la quantité de tissu viable et l'épaisseur régionale de la paroi en systole. Tant les cellules souches mésenchymateuses autologues que les cellules allogéniques s'avèrent capables d'améliorer les capacités cardiaques dans l'insuffisance d'origine ischémique.
Des patients pressés
La question du mode d'action de ces cellules fait aujourd'hui débat. On a longtemps cru qu'elles s'installaient dans le coeur et y proliféraient pour produire du tissu nouveau. Certains chercheurs pensent aujourd'hui que peu de ces cellules se différencient en tissu cardiaque mais qu'elles stimulent la régénération par d'autres voies. Une des possibilités serait une action de type paracrine, avec production d'un certain nombre de facteurs de croissance.
Une autre discussion, sur le plan éthique celle-là, a trait au besoin de connaître de manière précise le mécanisme d'action des cellules souches avant de poursuivre les essais. Les uns sont partisans de cette position, tandis que d'autres n'en voient pas la nécessité. Ce qui semble être une réalité, c'est que les patients sont pressés de pouvoir bénéficier de ces nouvelles techniques et ne se préoccupent guère d'en connaître le mode d'action.