Une bonne poignée de mains
Que peut-on tirer de l'estimation de la puissance musculaire développée dans la poignée de main ? Beaucoup de choses, semble-t-il.
Une baisse de force de la poignée de mains, considérée comme témoin de la force musculaire générale, a été associée à un risque accru de décès pour toute cause et pour cause cardiovasculaire. Mais en réalité, on ignore si sa valeur pronostique est la même pour toutes les populations et s'il n'y a pas des facteurs confondants.
Sans déménager
L'étude PURE (Prospective Urban-Rural Epidemiology) est une vaste étude longitudinale réalisée dans 17 pays, au sein de populations aux niveaux de revenus variés et dans des contextes socio-culturels très divers. Les auteurs y ont enrôlé un groupe de familles dont un des membres au moins était âgé de 35 à 70 ans et à condition que la famille s'engage à ne pas changer d'adresse dans les quatre ans à venir. La force de poignée de main des participants fut mesurée au moyen d'un dynamomètre ad hoc et ils furent suivis pendant en moyenne quatre ans. De très nombreux événements de vie et de santé (cardiovasculaires, respiratoires, infectieux, traumatiques, ...) furent enregistrés au cours de ces quatre ans.
Après ajustement
Les données finales concernent 139.691 participants suivis pendant cette durée, au cours de laquelle 3.379 (2%) sont décédés. Après ajustement, l'association entre la force de la poignée de mains et les événements restait constante à travers tous les sous-groupes géographiques ou les niveaux de revenus, sauf pour les cancers et les hospitalisations pour affection respiratoire. La force était notamment un plus puissant prédicteur de la mortalité pour toutes causes et pour cause cardiovasculaire, que la pression sanguine systolique. Mais il n'y avait pas d'association avec le diabète, l'hospitalisation pour cause de pneumonie ou de BPCO, traumatisme sur chute ou fracture.
Simple et peu coûteux
Curieusement, le risque de cancer était positivement associé dans les pays à haut revenus à la force de la poignée de main, ce qui n'était pas le cas dans les pays à moyen et faible revenu. La force de la poignée de main reste donc un moyen intéressant et peu coûteux permettant d'évaluer le pronostic cardiovasculaire et le pronostic vital.