Revoir l'hypothèse du HDL ?
Faut-il s'attacher aux fonctions protectrices du HDL plutôt qu'à son taux plasmatique ?
L'association entre un HDL élevé et un risque diminué de maladie coronaire est connue depuis longtemps et largement confirmée. La force de cette association a même débouché sur l'idée de tenter de faire monter le taux de HDL pour diminuer le risque de maladie coronaire. Des interventions de ce type, faisant appel à la niacine ou aux inhibiteurs du CETP (cholesteryl ester transfer protein) ont en effet montré un bénéfice chez l'animal. Le problème est qu'un tel bénéfice par rapport au placebo n'a pas pu être obtenu chez l'homme. Au contraire, il y a même eu des effets néfastes.
Peut-être oui, peut-être non
On s'est dès lors tourné vers la recherche de moyens d'accroître l'effet protecteur du HDL. On sait en effet que le HDL inhibe l'inflammation au niveau de plusieurs types cellulaires et prévient l'oxydation du LDL. Il a également un effet antithrombotique et antidiabétique. Enfin, il sert, avec ses apoprotéines, d'accepteur de l'excès de cholestérol qui ressort des macrophages dans la paroi artérielle. On a des indices d'une relation entre cette capacité d'efflux et le risque de maladie coronaire. Des échantillons sériques de personnes ont été réalisés sur des personnes porteuses d'apoB, sauf le HDL. La capacité de ces échantillons à sortir le cholestérol de macrophages de souris est inversement corrélée à l'épaisseur de l'intima-media de la carotide et à la maladie coronaire visible à l'angiographie. Mais paradoxalement, des études angiographiques cas-contrôles ont montré une association positive entre les deux aspects. La relation serait-elle donc liée au type de population étudié? En tout cas, elle est complexe et sans doute multifactorielle.
Une nouvelle voie ?
Pourtant, il semble que la capacité d'efflux puisse prédire le risque cardiovasculaire. Saleheen et al. (USA et Pakistan) ont en effet mené chez 25.639 individus âgés de 40 à 79 ans, enrôlés entre 1993 et 1997 puis suivis jusqu'en 2009, une étude qui va dans ce sens. Cette étude, concluent-ils, ouvre la voie à des manipulations éventuelles de la voie de HDL, plus que la modulation du taux lui-même de HDL, en vue de contribuer à réduire le risque de maladie coronaire.