CRP oui, troponine, non
Il est possible de se faire une idée du pronostic des patients victimes d'une dissection aortique. Un score appelé IRAD existait déjà mais on peut faire mieux.
Connaissant la physiopathologie de la dissection aortique, des chercheurs croates se sont mis en tête d'évaluer la valeur pronostique des biomarqueurs de l'inflammation, de la troponine T cardiaque et des D-dimères dans le type A de cette affection. Ils voulaient notamment savoir si ces marqueurs permettaient de stratifier le risque de manière plus avancée que ne le permet le score de l'International Registry of Acute Aortic Dissection (IRAD).
Prédicteurs indépendants
Ils ont donc mesuré ces biomarqueurs chez 54 patients consécutifs victimes de cette atteinte, principalement des personnes hypertendues, et ont évalué leur mortalité en milieu hospitalier. Après ajustements, l'analyse de multivariance a montré que les prédicteurs indépendants du devenir des patients étaient l'âge (OR = 1,09), la stratégie thérapeutique (OR = 0,11) et la CRP, qu'elle soit analysée comme variable binaire (OR = 7,06) ou comme variable continue (OR = 1,10). La troponine T cardiaque n'influençait pas la mortalité de manière indépendante. La courbe ROC montrait une association significative entre le devenir et la CRP. Une valeur de CRP supérieure à 9,8 mg/l avait une sensibilité de 83% et une spécificité de 80% pour prédire le décès à l'hôpital. En additionnant la CRP et le score IRAD, la prédiction à court terme s'améliorait encore.
Précision plus grande
Les auteurs concluent donc que la CRP à l'admission constitue un facteur pronostique indépendant de l'issue chez les patients victimes de dissection aortique aiguë de type A. L'addition de ce taux de CRP au score IRAD augmente la finesse discriminatoire de l'outil, indépendamment de la durée des symptômes et de la stratégie thérapeutique.