Anémie et insuffisance cardiaque
Il est évident que l'anémie est un facteur de pronostic défavorable de l'insuffisance cardiaque. Mais jusqu'à quel point peut-on préciser plus avant son impact ?
L'anémie n'arrange pas le pronostic de l'insuffisance cardiaque, c'est une évidence. Mais encore ? Quel est son impact précis ? Une équipe de chercheurs japonais emmenée par Yamauchi a examiné les cas de 4.646 patients consécutifs enregistrés dans la Chronic Heart Failure Analysis and Registry de la région de Tohoku, tous porteurs d'une insuffisance cardiaque de stade C ou D.
Les anémiques et les autres
Parmi eux, 1.627 (35%) étaient anémiques et de grand âge : 74 ans en moyenne, contre 66 ans pour les autres. Leur filtration glomérulaire estimée était de 52,8 ml/min/1,73 m2 (vs 66). Leur taux de peptide natriurétique B était plus élevé : 154,5 vs 81,8 pg/ml. Etonnamment, leur fraction d'éjection ventriculaire gauche était comparable à celle de l'autre groupe (57,5 vs 56,7%). Ceux qui étaient anémiques étaient plus souvent traités avec des diurétiques mais moins souvent avec des bêta-bloquants.
Déficit sur déficit
Au cours d'un suivi moyen de 3,8 ans, 371 patients anémiques et 272 non-anémiques sont décédés. Cela fait un hazard ratio de 1,40. Une analyse de sous-groupe a montré que l'impact de l'anémie était comparable quels que soient l'âge, le sexe, la fonction rénale mais qu'il différait selon l'étiologie de l'insuffisance cardiaque. En particulier, les troubles ischémiques constituaient un facteur de gravité plus lourd de conséquences. Serait-ce parce qu'elles handicapent elles-mêmes plus gravement le coeur et/ou parce qu'elles hypothèquent déjà par elles-mêmes un apport en oxygène que l'anémie rend encore plus pauvre?