Traiter l'hypogonadisme : quels risques cardiovasculaires ?
Ces dernières années, des inquiétudes ont vu le jour concernant le risque d'infarctus et d'AVC lié au traitement pour hypogonadisme d'hommes jeunes par ailleurs en bonne santé. Ces inquiétudes ont fait l'objet de beaucoup de controverses.
Devant l'incertitude persistante et les débats concernant les risques cardiovasculaires liés au traitement par testostérone injectable chez des hommes jeunes en état d'hypogonadisme, Tan et al. (USA) ont mené une étude en vue de rechercher une éventuelle association de ce type. Ils ont étudié rétrospectivement les dossiers de patients traités (moyenne d'âge 46 ans) dans des centres spécialisés répartis à travers tous les Etats-Unis en notant ceux chez lesquels un diagnostic d'hypogonadisme et d'infarctus ou d'AVC, a été posé entre 2009 et 2014.
Des fouilles dans les registres
L'incidence des infarctus et des AVC chez les 19.968 patients identifiés de cette manière comme traités par testostérone a été comparée à celle que les auteurs ont retrouvée dans cinq registres globaux pour près de 40.000 personnes. Le rapport d'incidence pour l'infarctus chez les patients traités avec la testostérone versus les personnes non traitées était de 0,14 tandis qu'il était de 0,11 pour l'AVC. Les auteurs n'ont pas trouvé d'indices donnant à penser qu'il y avait aggravation, sous traitement à la testostérone, d'un infarctus ou d'un AVC préexistants. Les auteurs concluent à la sécurité d'emploi de la testostérone injectable chez les patients jeunes des registres concernés, qui ne présentaient pas de facteurs de risque cardiovasculaires par ailleurs.
Formule sacrée
Dans un éditorial de la même livraison de la même revue, Ibarra et al., qui commentent par ailleurs d'autres études concernant le métabolisme cardiaque, donnent leur opinion sur l'étude résumée plus haut. Malheureusement, ils se bornent à une formule devenue désormais passe-partout : selon eux, d'autres travaux seront nécessaires pour en savoir plus. Néanmoins, leur éditorial et les études dont ils parlent, consacrées à d'autres recherches, ne manquent pas d'intérêt.