Surpoids et contraction ventriculaire
L'échocardiographie apporte des données nouvelles sur le comportement du coeur chez les personnes au BMI trop élevé.
Le surpoids et l'obésité sont des facteurs de risque indépendants et bien connus d'insuffisance cardiaque. Leur mode d'action passe par des mécanismes inflammatoires et hormonaux pour mener à une cardiomyopathie. L'accumulation de graisse épicardique, en particulier, favorise l'installation d'un état inflammatoire. Par ailleurs, l'asynchronisme ventriculaire est un marqueur de la progression d'une insuffisance cardiaque mais il n'a été étudié que très peu dans le surpoids et l'obésité. Avila-Vanzzini et al. s'y sont intéressés et ont tenté d'étudier la relation entre la graisse épicardique, le BMI et la synchronisation mécanique du coeur, telle qu'on la mesure à l'échocardiographie, chez des individus obèses ou en surpoids mais en bonne santé.
Tout en excès
Ils ont recruté 55 personnes âgées de 18 à 35 ans, dont 17 avaient un BMI inférieur à 25, et 38 un BMI supérieur à 25. Les données anthropométriques de ces sujets ont été enregistrées et ils ont subi une échocardiographie transthoracique avec évaluation de la synchronisation cardiaque. Il est apparu que le volume auriculaire gauche, le volume télésystolique et le volume télédiastolique gauches, ainsi que le volume ventriculaire droit étaient plus importants chez les personnes en surpoids ou obèses que chez les autres. L'index de Yu était corrélé avec la graisse épicardique, le timing de dispersion de l'activation ventriculaire étant d'autant plus grand que cette graisse était plus abondante. L'indice de synchronisme systolique était lui aussi en corrélation avec le BMI.
Un facteur probable
On peut donc conclure avec les auteurs que l'asynchronisme mécanique intraventriculaire est associé au surpoids et que la quantité de graisse épicardique pourrait bien constituer un des facteurs conduisant à l'insuffisance cardiaque chez les individus au BMI trop élevé.