Vitamine C et risque cardiovasculaire
Des études prospectives ont déjà associé la consommation élevée de fruits et légumes, ainsi que des taux plasmatiques élevés de vitamine C, à un risque diminué de maladie cardiaque ischémique. Mais il faut bien reconnaître que les résultats de ces études ne sont pas univoques.
Pour tenter de lever l'équivoque, une équipe de chercheurs de l'université de Copenhague (Danemark) a dès lors voulu tester l'hypothèse selon laquelle des taux plasmatiques élevés de vitamine C d'origine génétique, seraient aussi bien associés à un tel abaissement du risque que des taux élevés dus à une consommation importante de fruits et légumes. Ils ont utilisé un modèle de type mendélien et génotypé pour un transporteur bien précis de la vitamine C (le rs33972313) chez 97.203 personnes, dont 10.123 souffraient de maladie cardiaque ischémique. Plus de huit mille d'entre ces personnes (8.477 exactement) sont décédées. Le taux plasmatique de vitamine C fut mesuré chez 3.512 de ces individus et l'information concernant les habitudes nutritionnelles a été collectée chez 83.256 sujets de la cohorte.
Un allèle favorable
Un allèle donné (l'allèle G) du gène étudié était bel et bien associé à un taux plasmatique de vitamine C 11% plus élevé que les autres allèles repérés. Le " hazard ratio " (HR) ajusté, calculé en analyse de multivariance et comparant la consommation la plus forte de fruits et légumes à la consommation la plus faible, était de 0,87 pour l'ischémie cardiaque et de 0,80 pour la mortalité de toute cause. Le HR pour le génotype GG, par comparaison aux génotypes AA et AG additionnés, était de 0,95 pour l'ischémie et 0,96 pour la mortalité toutes causes. L'Odds Ratio (OR) correspondant à un taux plasmatique génétiquement déterminé, augmenté de 25%, est de 0,90 pour l'ischémie et de 0,88 pour la mortalité de toute cause.
Des conclusions délicates
Il se confirme donc que la consommation élevée de fruits et légumes est associée à un abaissement du risque d'ischémie cardiaque et de mortalité pour toute cause. L'intervalle de confiance à 95% concernant le risque relatif pour les concentrations élevées de vitamine C plasmatique génétiquement déterminées, recouvre toutefois l'unité. Cela rend les conclusions délicates mais pour les auteurs, il semble bien que les effets de cette augmentation d'origine génétique soient d'ampleur comparable à ceux qu'engendre une consommation importante de fruits et légumes. Il reste donc probable que l'effet favorable d'une telle consommation passe, au moins en partie, par une teneur sanguine élevée en vitamine C.