Faites du sport, qu'ils disaient
Une expérience plus qu'intéressante montre que la reprise précoce d'une activité physique après infarctus améliore les suites de l'accident ... du moins, chez la souris.
ll est loin le temps où la personne victime d'un infarctus devait garder strictement le lit pendant au moins huit à quinze jours. Aujourd'hui, le lever est précoce et la mise à l'exercice précoce, bien que progressive. Et on connaît le bénéfice de cette attitude, bien que des questions persistent sur les mécanismes de ce bénéfice et sur la sécurité de cette remise en route.
Souris sportives, souris sédentaires
Sarah Puhl et un groupe de chercheurs allemands et luxembourgeois ont donc entrepris une étude expérimentale sur des souris, pour contribuer à la réponse à ces questions. Des animaux de cette espèce ont donc été élevés, soit de manière sédentaire, soit en ayant la possibilité de s'adonner spontanément à un exercice. Six semaines après le début de cet " enrôlement ", un infarctus fut provoqué chez une partie des souris par ligature de la coronaire descendante gauche, tandis que les autres furent opérées " à blanc ". Puis a suivi une phase de 5 jours sans exercice, les souris ont pu à nouveau s'y adonner librement pendant 4 semaines.
To exercise or not to exercise?
La phase pré-opératoire d'exercice avait induit une hypertrophie cardiaque adaptative avec augmentation modérée du poids du coeur du diamètre des cardiomyocytes et du volume télédiastolique du ventricule gauche, mais sans fibrose. Chez les souris sédentaires, l'infarctus a induit une hypertrophie ventriculaire gauche eccentrique avec une fibrose massive mais préservation de la fonction ventriculaire gauche. Par contre, chez les souris sportives, le volume télédiastolique ventriculaire gauche et la fonction systolique n'étaient pas modifiées par rapport à la situation antérieure à l'infarctus. La teneur en collagène du ventricule gauche de ces derniers animaux et l'amincissement pariétal au niveau de l'infarctus étaient réduits. Une activation améliorée de l'inflammation était constatée au vu des taux de médiateurs et de la diminution d'activité de la métalloprotéinase de matrice 9. Par contre, l'activité d'enzymes comme les MAP Kinases et l'expression des récepteurs de l'adénosine ne furent pas différentes chez les souris exercées et les sédentaires.
Chez l'homme aussi ? À voir
L'exercice physique avant et après infarctus, notamment avec reprise précoce de l'activité physique après l'accident, semble donc améliorer le remodelage du ventricule gauche, par le biais d'une diminution de l'inflammation, de la fibrose et de l'amincissement pariétal au niveau de la cicatrice. Il faudrait donc, ajoutent les auteurs, encourager la reprise précoce de l'exercice après un infarctus. C'est peut-être vrai mais on aimerait avoir plus d'assurance quant à l'intérêt et à l'innocuité de la démarche chez l'homme.