Trop de sucre et pas assez de testostérone

Il semble bien que chez les diabétiques de type 2, un taux sanguin faible de testostérone ne soit pas de bonne augure.
Une équipe de chercheurs suédois vient de s'intéresser aux associations possibles entre le taux de testostérone endogène et l'incidence de l'infarctus du myocarde chez les hommes et les femmes atteints ou non de diabète de type 2. Leur étude comprenait 1109 personnes de 40 ans ou plus (moyenne 62 ± 12 ans) qui avaient participé à une enquête de base en Suède en 1993-94. Des questionnaires validés leur ont été soumis afin de recueillir des informations sur leurs habitudes tabagiques et sur leur activité physique. Les taux sanguins de testostérone et de sex hormone-binding globulin (SHBG) ont été mesurés par immuno-radio-assay. Le diagnostic de diabète de type 2 était basé sur les critères émis par l'OMS en 1985. Les patients ont été interrogés sur la survenue éventuelle d'un infarctus et cette information a été recoupée grâce aux registres nationaux des patients et des décès, entre le début de l'étude et 2011.
Association inverse
Il est apparu que la prévalence du diabète de type 2 dans cette population était de 10,0% chez les hommes et 7,5% chez les femmes. Au cours d'un suivi qui a duré en moyenne 14,1 ans (± 5,3), 74 cas d'infarctus du myocarde sont survenus chez les hommes et 58 chez les femmes. Dans des modèles d'analyse statistique après ajustement pour l'âge, une association inverse significative a été mise en évidence entre le taux sanguin de testostérone et la morbidité par infarctus chez les hommes diabétiques (Hazard Ratio, HR = 0,86). Même en tenant compte du rapport taille-hanches, de la pression sanguine systolique, du cholestérol total et du tabagisme actif, l'association restait significative (HR = 0,754).
À voir sur le plan clinique
Les auteurs en concluent que de faibles taux de testostérone peuvent prédire le risque d'infarctus chez les diabétiques de type 2. Il serait bon, ajoutent-t-ils, de disposer d'études qui évaluent l'effet de ces taux sur le devenir cardiovasculaire des patients diabétiques.