Des risques à 12 ans, des accidents à 50 ans
On connaît les principaux facteurs de risque cardiovasculaire depuis longtemps. Ce qui est plus récent, bien que cela ne date pas vraiment d'hier, c'est que ces facteurs de risque peuvent être présents chez l'enfant. Mais quel est leur devenir à 50 ans, s'ils sont porteurs de facteurs de risque à 12 ans ?
La question de savoir quel est le pronostic à long terme d'enfants qui portent à 12 ans des facteurs de risque cardiovasculaire n'est certainement pas saugrenue si on se souvient de l'épidémie actuelle d'obésité et de diabète chez les jeunes. Ceponiene et al. (Lithuanie) ont donc voulu y répondre. Ils ont étudié un groupe de 380 adultes âgés de 48 ou 49 ans, faisant partie de la Kaunas Cardiovascular Risk Cohort Study et qui étaient suivis depuis qu'ils avaient 12 ou 13 ans. Les paramètres de départ étaient la pression sanguine, des mesures anthropométriques et un score de maturation sexuelle. Dans l'étude de follow-up, la pression sanguine et les mesures anthropométriques étaient reprises, tandis que le profil lipidique était recueilli, des interviews concernant le tabagisme étaient organisées et la mesure de l'épaisseur de l'intima-média des carotides était effectuée. La vitesse de propagation de l'onde pulsatile était également mesurée. Des analyses en régression linéaire ont été effectuées.
Une intima-média plus épaisse
Dans une de ces analyses de régression, effectuée à partir des paramètres de l'enfance, la pression systolique et le BMI étaient directement associés à l'épaisseur de l'intima-média carotidienne à l'âge adulte, mais uniquement chez les femmes. En prenant en compte les variables de l'âge adulte dans l'analyse de régression, les associations entre épaisseur de l'intima-média (IMT) et la pression systolique, on ne retrouvait plus d'association avec le BMI de l'enfance. Par contre, le tabagisme à l'âge adulte était associé à l'IMT chez les femmes. L'IMT des hommes était directement associée à la pression systolique à l'âge adulte et inversement associée au taux de HDL-cholestérol. La vitesse de propagation de l'onde pulsatile n'était directement associée qu'à la pression systolique, dans les deux sexes.
La prévention parfaitement justifiée
Il y a donc des différences sexuelles dans l'évolution des facteurs de risque présents chez l'enfant et leurs répercussions à l'âge adulte. Mais de toute façon, la lutte précoce contre ces facteurs de risque est justifiée chez les garçons comme chez les filles.