Ado au coeur lent, futur adulte violent ?

Une faible fréquence cardiaque au repos a déjà été associée à un risque plus élevé de troubles du comportement chez l'enfant et l'adolescent. Désormais, elle est présentée comme un prédicteur de violence sévère. En vieillissant, les adolescents dont le rythme cardiaque au repos est lent seraient en effet plus susceptibles de devenir des délinquants.
Cette curieuse association a été établie par des chercheurs finlandais et suédois après avoir analysé les données de 710.264 Suédois de sexe masculin, tous nés entre 1958 et 1991. Le pouls et la tension artérielle des participants ont été mesurés lors de leur visite médicale pour le service militaire obligatoire quand ils avaient 18 ans. Durant le suivi, 40.093 participants ont été inculpés pour des actes criminels.
Les scientifiques ont constaté que chez les 132.595 hommes présentant la fréquence cardiaque à l'adolescence la plus faible (60 battements par minute ou moins) le risque de commettre un délit est accru de 25%, ce taux grimpant à 39% pour un crime violent, comparativement aux 139.511 hommes dont le pouls à l'adolescence est plus rapide (au moins 83 pulsations par minute).
Pour les auteurs, l'explication de cette corrélation demeure encore floue. Ces comportements violents et criminels pourraient être dus à l'impact psychologique d'un coeur qui ne bat pas assez vite. Un coeur lent peut être un indicateur d'un état d'enthousiasme et d'agitation anormalement faible et chronique qui pourrait pousser les individus à rechercher des expériences stimulantes, excitantes, voire violentes, et à prendre davantage de risques. Un coeur qui bat faiblement au repos pourrait aussi conduire à une absence de peur, de stress et d'anxiété, et donc à une propension plus grande au crime.