Cancer du sein lobulaire : mieux compris, mieux pris en charge
Après quatre années de travail sur le plus grand nombre de tumeurs lobulaires jamais étudiés à ce jour (600 patientes), grâce à l'utilisation des nouvelles technologies de séquençage de l'ADN, cette étude internationale, dont les principaux auteurs proviennent de l'Institut Jules Bordet, à savoir le Pr Christos Sotirou et le Dr Christine Desmedt, a permis une meilleure caractérisation moléculaire de ce type de cancers.
Le cancer du sein lobulaire (10 à 15% de l'ensemble des cancers du sein) est le deuxième sous-type histologique le plus fréquent après le cancer canalaire (80%). Il a des comportements cliniques différents : tendance à rechuter plus tard que le canalaire et préférentiellement dans d'autres organes.
L'étude a mis en évidence la présence d'altérations dans le gène du récepteur aux oestrogènes ou dans des gènes impliqués dans sa régulation de manière plus importante que dans le cancer canalaire. Il a été suggéré que la présence de ces mutations pouvait être associée à une réponse ou une résistance aux différentes hormonothérapies et pourrait influencer le choix de l'hormonothérapie.
De plus, les scientifiques ont relevé un nombre plus fréquent de mutations dans les gènes HER2 et HER3 et ils ont observé que la présence de mutations dans HER2 était associée à un risque de rechute important à court-terme.
L'identification de ces anomalies génomiques spécifiques suggère que les patientes atteintes d'un cancer lobulaire pourraient bénéficier d'une approche thérapeutique différente de celles qui souffrent des autres types de cancers du sein, alors qu'aujourd'hui, elles sont traitées de la même manière.