Cancers du sein : les dessous génétiques dévoilés en quasi-totalité
Le consortium international de génomique du cancer (ICGC) vient de publier les résultats d'une analyse systématique du génome complet de cellules malades provenant de 560 tumeurs du sein. Il s'agit du plus grand nombre d'échantillons de cancers ayant été séquencés entièrement.
Cette recherche a abouti à l'élaboration d'un catalogue de plus de 1 600 altérations (substitutions d'un seul nucléotide, insertions ou délétions d'un ou plusieurs nucléotides, duplications de régions chromosomiques, grands réarrangements de génome,...) suspectées d'être à l'origine du développement tumoral. Ce catalogue est considéré comme " presque exhaustif " par les scientifiques.
Les altérations mises à jour portent sur 93 gènes différents et la presque totalité (95%) des tumeurs en présente au moins une. A noter par ailleurs que 10 gènes parmi les 93 sont altérés de manière récurrente : ils sont mutés dans 62% des tumeurs. En outre, cinq nouveaux gènes soupçonnés d'être à l'origine de tumeurs du sein ont été identifiés.
Ces observations indiquent que les tumeurs mammaires ont un génome très profondément remanié et présentent une extraordinaire diversité d'altérations génomiques, à toutes les échelles, précisent les chercheurs. Elles devraient non seulement permettre d'améliorer la pertinence et l'efficacité des traitements actuels mais aussi ouvrir la voie à l'identification de causes encore inconnues de cette maladie et offrir aux laboratoires pharmaceutiques des cibles pour développer des nouveaux médicaments contre le cancer du sein.