Avec certains antidouleurs, le risque cardiaque est augmenté

Le fait que certains analgésiques courants, en vente libre dans certains pays, puissent accroître le risque d'insuffisance cardiaque quand ils sont prescrits à fortes doses pendant de longues périodes est confirmé par une grande étude observationnelle.
Réalisée par une équipe italienne, cette étude a été menée auprès de huit millions de patients européens prenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens : 27 sortes d'AINS différents, y compris quatre inhibiteurs COX-2. Parmi les patients, un peu plus de 90 000 avaient été hospitalisés pour une insuffisance cardiaque sur une dizaine d'années.
Globalement, les résultats montrent un risque accru de 19% d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez les personnes ayant recours aux antidouleurs par rapport à celles qui n'en consomment pas. Ce risque augmente pour 7 AINS traditionnels (ibuprofène, naproxène, diclofénac, indométacine, kétorolac, nimésulide et piroxicam) ainsi que pour deux inhibiteurs COX-2 (étoricoxib et rofécoxi). La hausse varie de 16% pour le naproxène à 83% pour le kétorolac. À très fortes doses, le risque d'hospitalisation est même multiplié par deux. Enfin, les AINS non seulement empirent l'état des personnes souffrant déjà de problèmes cardiaques, mais ils ont aussi des effets négatifs sur celles sans antécédents.
Même si aucun lien de cause à effet n'a pu être démontré, les résultats obtenus doivent néanmoins inciter à la prudence quant au recours à des anti-inflammatoires surtout quand les patients concernés présentent un risque élevé de maladie cardiaque. Avec ces médicaments, mieux vaut s'en tenir à la plus petite dose efficace pendant la période la plus courte.
(référence : British Medical Journal, 28 septembre 2016, doi : 10.1136/bmj.i4857)