L'hypothermie thérapeutique dangereuse ?

D'après une étude américaine, une hypothermie thérapeutique réalisée chez des patients hospitalisés présentant un arrêt cardiaque s'accompagnerait d'une mauvaise évolution clinique par rapport à la prise en charge classique.
Ces données observationnelles sont révélées par une étude randomisée visant à évaluer l'impact sur la survie de l'instauration d'une hypothermie thérapeutique en cas d'arrêt cardiaque chez des patients hospitalisés. Le principal critère d'évaluation était la survie jusqu'à la fin de l'hospitalisation. Le critère secondaire était le taux de survie favorable sur le plan neurologique, c'est-à-dire la présence ou non d'atteinte neurologique sévère.
Dans cette étude, 1568 des 26.183 patients ayant présenté un arrêt cardiaque en cours d'hospitalisation (6%) ont été soumis à une hypothermie à visée thérapeutique. L'évolution clinique de 1524 d'entre eux (âge moyen : 61.6 ans ; 58,5% d'hommes) a été comparée à celle de 3714 patients avec des caractéristiques comparables (âge moyen : 62.2 ans ; 57,1% d'hommes) qui n'avaient pas été traités par hypothermie. Après ajustement des données, l'étude montre que l'hypothermie thérapeutique était associée à une moindre survie pendant l'hospitalisation. La mise en oeuvre d'une hypothermie thérapeutique était également associée à des taux plus faibles de survie favorable sur le plan neurologique. Ces observations se sont, par ailleurs, avérées similaires que les patients aient ou non été réanimés par chocs électriques lors de leur épisode d'arrêt cardiaque.
Etude randomisée ?
Les auteurs concluent, dès lors, que ces données observationnelles mériteraient sans doute d'être confirmées par une étude clinique randomisée.
Référence :
Chan P et al. 'Association Between Therapeutic Hypothermia and Survival After In-Hospital Cardiac Arrest' JAMA. 2016;316(13):1375-1382. doi:10.1001/jama.2016.14380