Dépistage du cancer du sein : penser aux coronaires

Les calcifications vasculaires détectées à l'occasion d'une mammographie de dépistage de tumeurs du sein doivent être considérées comme un marqueur de risque indépendant de développer des coronaropathies. C'est ce que confirme le suivi à 10 ans d'une étude initiée en 2004.
Les femmes incluses dans cette étude prospective avaient bénéficié d'une mammographie de dépistage de routine en 2004. Après une période de suivi de dix ans, les données de 1029 d'entre elles ont pu être récoltées. Parmi ces femmes, 112 (10.9%) présentaient des calcifications au niveau des vaisseaux mammaires. Les résultats de l'analyse à 10 ans, présentés lors du congrès 2016 de la 'North American Menopause Society' montrent que les femmes qui avaient développé des coronaropathies pendant la durée du suivi avaient plus fréquemment des calcifications des artères du sein au départ (9.8% contre 3.3%; p=0,001). En corollaire, les femmes qui présentaient ce type de calcifications au départ couraient 2,3 fois plus de risque de développer une coronaropathie par rapport aux femmes d'âge comparable ne présentant pas de calcifications au départ (p=0,034). A noter qu'en présence de calcifications artérielles mammaires, on observe également un risque multiplié par 3,2 de présenter un accident cérébrovasculaire au cours de la période de suivi (p=0,018).
Amaro R et al. 'The Association of Breast Arterial Calcifications (BACs) and Cardiovascular Disease (CVD): Results of a 10-Year Prospective Study' North American Menopause Society (NAMS) 2016 Annual Meeting: Abstract P8. Presented October 7, 2016.