Le coeur endommagé de macaques régénéré grâce à des cellules iPS

Pour la première fois, une équipe japonaise a réussi à reprogrammer des cellules souches pluripotentes induites (iPS) d'un macaque et à les utiliser avec succès pour régénérer le coeur endommagé d'autres singes, et ce sans phénomène de rejet par leur système immunitaire. Une avancée importante.
Pour la première fois, une équipe japonaise a réussi à reprogrammer des cellules souches pluripotentes induites (iPS) d'un macaque et à les utiliser avec succès pour régénérer le coeur endommagé d'autres singes, et ce sans phénomène de rejet par leur système immunitaire. Une avancée importante.
Plus précisément, les chercheurs ont donc prélevé des cellules de peau chez un macaque, le primate dont le système HLA (système de compatibilité dont dépend le succès d'une greffe) est le plus proche de celui des humains. Grâce à une technique récompensée par le prix Nobel en 2012, ces cellules ont ensuite été reprogrammées en cellules souches pour obtenir des cellules de muscle cardiaque, en faisant correspondre une protéine particulière du système immunitaire entre donneur et receveur. Ces cellules ont finalement été implantées dans le coeur de cinq macaques souffrant d'insuffisance cardiaque.
Résultat à l'issue de trois mois d'observation : la contraction musculaire et le fonctionnement du coeur de ces singes ont été améliorées, et tout phénomène de rejet par le système immunitaire a pu être évité grâce à des traitements modérés.
Même si la réussite de cette allogreffe ouvre de belles perspectives, certains envisageant déjà le développement de banques de cellules souches humaines, compatibles avec la majorité de la population pour réparer les coeurs affaiblis ou endommagés, la prudence reste de mise.
La technique, qui permet d'éviter le recours controversé à des cellules souches provenant d'embryons, doit encore être testée chez l'Homme. Par ailleurs, l'un des co-auteurs de l'étude, le Pr Sian Harding, a reconnu qu'il reste quelques obstacles à surmonter, comme le risque de formation d'une tumeur ou encore d'arythmie.
(référence : Nature, 10 octobre 2016, doi : 10.1038/nature19815)