Vouloir augmenter le bon cholestérol n'est pas forcément une bonne idée

Les résultats de cette recherche canadienne semblent démentir de précédentes études épidémiologiques suggérant un effet protecteur du bon cholestérol.
Au cours de ce travail, les scientifiques ont donc étudié le lien entre le cholestérol HDL, "high density lipoprotein", celui qui permet de nettoyer les artères en transportant les molécules de cholestérol vers le foie pour les éliminer, et la mortalité. Ils ont suivi durant près de cinq ans une cohorte de 631 762 personnes, âgées de 40 à 105 ans à leur inclusion en 2008, avec une moyenne d'âge de 57 ans, et qui vivaient dans l'Ontario depuis au moins deux années. Il y avait 55% de femmes et 17 952 personnes sont décédées au cours du suivi.
Les résultats suggèrent que de bas niveaux de bon cholestérol ne constituent pas un facteur de risque cardiovasculaire en soi et que vouloir l'augmenter ne réduit pas le risque de maladie cardiaque. Le Dr Dennis Ko et ses collègues ont par ailleurs constaté que les personnes avec des hauts taux de HDL (>70 mg/dL chez les hommes et >90 mg/dL chez les femmes) ont plus de risque de mortalité non-cardiovasculaire.
Tout en insistant sur la complexité du lien entre le bon cholestérol et les maladies cardiaques, les auteurs considèrent qu'en matière de traitement et de prévention des pathologies cardiaques, il vaut mieux mettre l'accent sur des changements dans le mode de vie plutôt que de se focaliser sur une augmentation de son taux de bon cholestérol.
(référence : Journal of the American College of Cardiology, novembre 2016, DOI : 10.1016/j.jacc.2016.08.038)