Une bière par semaine suffirait à endommager les artères

Dans la foulée d'une étude américaine (1) que nous avions évoquée en janvier dernier et qui montrait que l'abus en matière d'alcool est un facteur de risque cardiovasculaire à part entière, une nouvelle recherche (2), britannique cette fois, confirme un risque accru de maladie cardiaque, et ce même avec une faible quantité d'alcool.
Les chercheurs londoniens ont suivi 3 869 participants, âgés 30 à 50 ans à l'inclusion et à 73% des hommes, sur une période de 25 ans. Ils ont pris en compte les données de consommation d'alcool durant cette période et les ont reliées à des mesures de flux sanguin dans l'artère carotide et l'artère fémorale, les artères principales du cou et de la cuisse.
Et c'est ainsi que les auteurs ont découvert qu'une consommation régulière d'alcool sur le long terme, établie à 112 grammes par semaine, l'équivalent d'une demi-pinte (25 cl) de bière seulement, peut activer certaines enzymes qui mènent à l'accumulation de collagène et par conséquent à davantage de rigidité des artères. In fine, cette rigidité est de nature à entraîner un vieillissement prématuré des artères et à augmenter significativement le risque cardiovasculaire.
La même observation ne se retrouve cependant pas chez les femmes. Elle contredit aussi de précédents travaux suggérant qu'une consommation modérée d'alcool est associée à une réduction de ce risque cardiovasculaire. Le tout évidemment est de bien s'entendre sur ce qu'on considère comme étant une consommation "forte" et "modérée". C'est dire aussi s'il y a matière à de nouvelles recherches sur le sujet...
(références :
- Journal of the American College of Cardiology, 2 janvier 2017, DOI : 10.1016/j.jacc.2016.10.048,
- Journal of the American Heart Association, 20 février 2017, DOI : 10.1161/JAHA.116.005288)