Patients cardiaques : la dépression double le risque de décès prématuré

Au cours de la première décennie qui suit un diagnostic de maladies coronariennes (angine de poitrine, infarctus), la dépression multiplie par deux le risque de décès prématuré. Une conclusion obtenue par des chercheurs américains ayant suivi, pendant une moyenne de 10 ans, quelque 25 000 patients diagnostiqués avec une crise cardiaque ou un angor stable ou instable. Les auteurs souhaitaient confirmer et préciser le lien suspecté de longue date entre maladies cardiaques et dépression.
Premier constat : 3 646 patients ont été diagnostiqués avec dépression, un taux nettement plus important qu'au sein de la population générale où la proportion de personnes dépressives est estimée entre 7,5 et 10%. Et parmi ces 3 646 participants, 50% sont décédés au cours de la période de suivi, contre 38% des 20 491 autres patients cardiaques exempts de diagnostic de dépression.
En fait, après l'ajustement avec un certain nombre de facteurs de confusion, l'analyse révèle aussi que la dépression est le prédicteur le plus puissant de décès dans les dix années qui suivent un diagnostic de maladie coronarienne. Du coup, le Dr Heidi May et ses collègues invitent leurs confrères cliniciens à mieux identifier la dépression chez les patients cardiaques, en prêtant plus attention à leurs plaintes et symptômes émotionnels. "Et si ces derniers s'avèrent déprimés, ils doivent recevoir un traitement adéquat et être surveillés en continu," assure le Dr May.
(référence : EurekAlert, Public Release, 13 mars 2017)