Optimistes ou inconscients ?

Un travail mené sur les 45.433 réponses obtenues à une enquête sur la santé menée au Canada entre 2011 et 2012 montre hélas que la connaissance d'un risque ne se traduit pas ipso facto par les modifications de comportement qui pourraient l'éliminer.
L'enquête en question concernait 8 facteurs de risque cardiovasculaires modifiables (tabagisme, hypertension, diabète, obésité, stress, consommation excessive d'alcool, sédentarité, alimentation déséquilibrée). Pour mémoire, ces 8 facteurs en plus de l'hypercholestérolémie qui n'était pas prise en compte dans ce travail sont responsables de 90% de l'augmentation du risque d'infarctus.
L'enquête demandait aux participants s'ils pensaient devoir faire quelque chose pour améliorer leur santé ; la bonne nouvelle est que, globalement, 1 sujet sur 3 admettait devoir modifier l'une ou l'autre de ses habitudes pour améliorer sa santé. La mauvaise est que chez les sujets qui étaient le plus à risque (présence d'au moins 5 des 8 facteurs), près de 1 sur 5 ne ressentait pas le besoin de changer quoi que ce soit à ses habitudes. A noter aussi que l'intérêt/le besoin d'améliorer sa santé n'était pas plus important chez les sujets hypertendus ou diabétiques que chez ceux qui ne l'étaient pas.
En clair, savoir que l'on a des facteurs de risque d'infarctus n'est un moteur de changement suffisant que chez certains sujets et ce ne sont malheureusement pas ceux qui auraient le plus besoin du changement. On peut certes se dire que cela concerne le Canada et que chez nous... Mais est-ce bien raisonnable ?
D'après FD Ramirez et al. J Am Heart Assoc. 2017; 6: e005491