On en sait plus sur la manière dont le tabac affecte les artères

Jusqu'à présent, le mécanisme précis par lequel le tabagisme mène à des troubles du coeur et des vaisseaux n'avait pas été identifié. Pour clarifier ce lien, des chercheurs new-yorkais ont examiné les données génétiques de plus de 140 000 personnes provenant de 29 études effectuées précédemment, en se concentrant particulièrement sur 45 petites régions du génome connues pour être associées à un risque accru de maladies coronaires.
Leur analyse a révélé qu'une seule modification du code génétique sur le chromosome 15 près du gène qui exprime une enzyme (ADAMTS7) produite dans les vaisseaux sanguins et impliquée dans l'athérosclérose, est associée à une diminution de 12% du risque cardiovasculaire chez les non-fumeurs, alors que ce même risque est réduit de seulement 5% chez les fumeurs. Ainsi, le fait de fumer contrecarre l'effet de la variante génétique protectrice que possède de nombreuses personnes, ce qui accroît le risque de maladie cardiovasculaire.
Un autre travail mené sur des souris a montré que le fait de neutraliser la variante génétique, et donc la production de la protéine, limite l'accumulation de plaque d'athérome dans les artères de ces rongeurs, laissant penser qu'en bloquant la production d'ADAMTS7 on pourrait minimiser le risque cardiovasculaire.
Enfin, au cours d'une dernière expérience, les scientifiques ont exposé les cellules formant la paroi des artères à un extrait liquide de fumée de cigarette. En réaction, ces cellules ont plus que doublé la production de l'enzyme.
Ces résultats suggèrent qu'un traitement permettant d'inhiber l'enzyme serait particulièrement bénéfique pour les fumeurs mais également pour toutes les personnes présentant un haut risque de pathologies cardiovasculaires.
(référence : Circulation, 1er mai 2017, doi : 10.1161/CIRCULATIONAHA.116.022069)