Arrêt cardiaque et adrénaline

L'American Heart Association considère que l'usage de l'adrénaline IV en cas d'arrêt cardiaque peut constituer une attitude raisonnable chez un sujet qui fait un arrêt cardiaque. Mais comment faut-il interpréter le mot 'raisonnable' ?
La réponse est simple 'Avec beaucoup de circonspection' indiquent deux urgentistes texans.
Tout d'abord parce que cette recommandation n'est pas solidement étayée par la littérature, qu'une part des données est issue de travaux anciens (années '60) et menés sur des chiens et que depuis lors, les techniques de réanimation de base et avancées ont fait d'énormes progrès, les défibrillateurs sont de toutes les tentatives de redémarrage cardiaques, la chaîne ininterrompue de survie est devenue la règle et les soins médicaux d'urgence sont devenus bien plus performants.
Par ailleurs, comme le soulignent les auteurs, le recours à l'adrénaline peut certes contribuer à relancer le coeur lorsqu'elle est utilisée endéans les 10 minutes de l'arrêt circulatoire, mais au final cela n'améliore ni la survie, ni le pronostic neurologique. Si toutefois vous y tenez, alors sachez que la meilleure fenêtre d'administration se situe endéans les 10 minutes de l'arrêt circulatoire, après deux tentatives de défibrillation et à la dose de 1mg IV renouvelable après 3 à 5 minutes. Mais souvenez-vous que ce sont les mesures adéquates de réanimation électrique précoce et de réanimation circulatoire avec compressions thoraciques adéquates qui offrent le bénéfice maximum aux patients.
D'après B Long & A Koyfman. J Emerg Med. 2017; 52: 809-14.