Lithium, grossesse et risque cardiaque foetal

Si la prise de lithium au cours de premier trimestre de la grossesse est bien associée à des malformations cardiaques, le risque semble singulièrement plus faible que ce qu'une première étude avait laissé penser.
Cette première étude date des années septante, il s'agissait d'un registre de femmes bipolaires dont le traitement par lithium avait été poursuivi en début de grossesse. Le risque global de malformation cardiaque était quintuplé, mais la probabilité d'anomalie d'Ebstein était bien plus élevée (environ 400 fois).
Une équipe américaine a vérifié cela sur une banque de données comprenant 663 enfants exposés au lithium, 1.322.955 non exposés et 1.945 exposés à la lamotrigine, un autre stabilisateur de l'humeur.
Il existait une malformation cardiaque chez 2,41% des enfants exposés au lithium et chez 1,15% des non-exposés, soit un risque ajusté majoré de 65%.
Parmi les enfants exposés à la lamotrigine, 1,39% présentaient une malformation cardiaque.
Concernant les anomalies d'Ebstein, la prévalence était de 0,6% chez les enfants exposés au lithium et de 0,18% chez les non-exposés, soit un risque ajusté majoré d'un facteur 2,66.
A noter que le risque lié à l'exposition au lithium paraît dose-dépendant, majoration de 10% pour les doses < 600 mg/j et de 60% pour les doses allant de 601 à 900 mg/j, mais risque plus que triplé pour les doses > 900 mg/j
Au total, un risque réel et non négligeable mais nettement moins élevé que nous ne le pensions.