Une cardiotoxicité plus fréquente qu'on le pensait après le traitement par trastuzumab

Une étude canadienne démontre que la cardiotoxicité consécutive à un traitement par trastuzumab pour un cancer mammaire dans une population hors étude dépasse les 5% mentionnés dans les méta-analyses d'études cliniques. L'identification et le traitement précoces de ces patientes sont importants pour prévenir une cardiotoxicité irréversible et améliorer la survie après un cancer mammaire.
Cette étude observationnelle rétrospective, conduite auprès de 160 patientes atteintes d'un cancer du sein HER2-positif et traitées par une chimiothérapie adjuvante à base de trastuzumab, a démontré une cardiotoxicité symptomatique (insuffisance cardiaque) ou asymptomatique (diminution de la fraction d'éjection ventriculaire gauche de > 10 %) chez 21 % des sujets (médiane de suivi : 55,4 mois). Ce risque n'est pas influencé par le recours à une mammectomie, une radiothérapie ou une autre chimiothérapie. La cardiotoxicité se développait en moyenne 28,5 semaines après l'instauration du traitement par trastuzumab, ce qui correspond à la dixième séance de traitement. Chez ces femmes, les auteurs recommandent dès lors un bilan cardiaque régulier tout au long du traitement.
Tang GH et al. Incidence and identification of risk factors for trastuzumab- induced cardiotoxicity in breast cancer patients: an audit of a single ''real-world'' setting. Med Oncol (2017) 34:154. DOI 10.1007/s12032-017-1018-y. https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs12032-017-1018-y