Baisse de la pression artérielle et fonction rénale

La baisse de la pression artérielle est un moyen efficace de préserver la fonction rénale, mais dans quelle mesure ?
Il a été rapporté des incidences élevées de diminution de la fonction rénale chez les hypertendus dont la pression artérielle systolique avait été abaissée de façon intensive.
Afin d'évaluer l'impact net (bénéfices moins risques éventuels) de cette situation, une équipe américaine a revu les données des 6.662 hypertendus à haut risque enrôlés dans SPRINT (Systolic Blood Pressure Intervention Trial) qui avaient au départ un taux estimé de filtration glomérulaire (eGFR) ≥ 60 ml/min/1,73 m2. Ces sujets avaient été randomisés vers un bras intensif ou un bras standard ayant respectivement un objectif tensionnel systolique de 120 et 140 mm Hg.
Trois critères de jugement ont été évalués
• la différence moyenne ajustée de l'eGFR lors du suivi,
• la survenue d'une défaillance rénale définie comme une baisse d'au moins 30% de l'eGFR amenant à une valeur < 60 ml/min/1.73 m2,
• un composite regroupant décès toutes causes ou événement cardiovasculaire.
Dans le cadre d'un suivi allant jusqu'à 3 ans les investigateurs rapportent
• une différence moyenne ajustée d'eGFR entre les groupes intensif et standard
- de -3,32 ml/min /1,73 m2 (IC 95% -3,90 à -2,74) à 6 mois,
- de -4,50 ml/min /1,73 m2 (IC 95% -5,16 à -3,85) à 18 mois,
- puis stabilisation dans le reste du suivi.
A 3 ans, une défaillance rénale a été constatée chez 3,7% des sujets du groupe intensif et chez 1,0% des sujets du groupe standard (HR 3,54 ; IC 95% 2,50 à 5,02). A 3 ans l'incidence du critère composite était de 4,9% dans le bras intensif et de 7,1% dans le bras standard (HR 0,71 ; IC 95% 0,59 à 0,86).
Les investigateurs concluent qu'à court terme le traitement intensif augmente le risque rénal, mais que ce risque est inférieur au bénéfice constaté en termes de décès et d'événements cardiovasculaires.
S Beddhu et al. Ann Intern Med. 2017. Sep 5. [Epub ahead of print].