Insuffisance cardiaque, espoir déçu

Les taux de peptides natriurétiques sont de bons indicateurs de la sévérité d'une insuffisance cardiaque et de bons prédicteurs du pronostic. Sur cette base, il était donc logique de penser qu'une stratégie thérapeutique adaptée selon le taux de NT-proBNP pourrait améliorer le sort des patients. Logique mais...
L'hypothèse a été testée dans le cadre de GUIDE-IT (Guiding Evidence Based Therapy Using Biomarker Intensified Treatment in Heart Failure), une étude randomisée multicentrique nord-américaine prévue pour enrôler quelque 1.100 sujets ayant une insuffisance cardiaque avec fraction d'éjection ≤ 40% ayant déjà entraîné une hospitalisation et ayant des taux élevés de peptides natriurétiques. L'objectif était de comparer stratégie thérapeutique habituelle et stratégie guidée par le taux de NT-proBNP.
L'étude a été arrêtée pour futilité après enrôlement de 894 patients. En effet, dans le cadre d'un suivi médian de 15 mois, il a été constaté une absence totale de différence de survenue du critère principal composite, regroupant survenue d'une première hospitalisation pour insuffisance cardiaque et décès cardiovasculaire, soit 37% dans chacun des deux bras.
Il n'y avait pas non plus de différence en termes de décès cardiovasculaire, soit 12% dans le bras stratégie guidée et 13% dans le bras stratégie habituelle.
Même la baisse du taux de NT-proBNP était similaire dans les deux bras.