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Garder son sommeil à coeur

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C'est un paradoxe de voir dans le pays où l'on travaille probablement le plus au monde, le Japon, des spécialistes mettent en garde contre le manque de sommeil. En effet, ces chercheurs nippons ont fait des résultats de leur découverte à l'ESC.

Pierre Dewaele - 21 septembre 2017

Cette étude japonaise a été conduite à Hiroshima sur près de 13000 personnes, dont 6762 hommes. L'âge moyen des participants était de 68 ans. Comme on s'en doute, ceux-ci sont bien suivis d'un point de vue sanitaire depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Sur l'ensemble, 11543 ne présentaient aucune histoire personnelle de troubles cardiovasculaires : 773 avec une maladie cardiaque ischémique, 560 avec un AVC.

Ils ont rapporté sur l'échelle de Pittsburgh utilisée pour qualifier la qualité du sommeil, les scores des patients. Cette échelle comporte 7 composantes différentes du sommeil dont chacune est quantifiée de 0 à 3. Ces 7 composantes sont la qualité subjective du sommeil, le temps d'endormissement, la durée du sommeil, l'efficience du sommeil, les difficultés à maintenir un sommeil de bonne qualité, l'usage de somnifères et des dysfonctionnements diurnes comme un endormissement par exemple. Un score supérieur ou égal à 2 définit un sommeil de piètre qualité pour chacune de celles-ci.

Parmi les patients présentant une maladie ischémique, globalement et après ajustement pour les facteurs confondants, le risque d'avoir un sommeil de piètre qualité augmente de 71% et de 45% pour ceux ayant présenté respectivement un infarctus et un AVC. Il est intéressant de constater qu'exactement la même proportion de patients présente un dysfonctionnement diurne et que cette augmentation du risque est significative pour ceux avec une maladie ischémique, mais pas ceux avec un AVC. Par ailleurs, notons aussi que le sommeil de mauvaise qualité atteint 37% de la population ne souffrant d'ischémie ni d'AVC.

Le sommeil de mauvaise qualité a été décrit chez les participants avec une maladie ischémique, un AVC ou pas de maladie cardiovasculaire dans, respectivement, 52%, 48% et 37% des cas. Après ajustement pour les facteurs confondants, il s'avère qu'un piètre sommeil augmente de 71% le risque de maladie ischémique et de 45% celui d'AVC.

Les chercheurs n'ont pas encore d'explication à fournir sur les raisons de cette association, mais ils pensent qu'il s'agirait d'une perturbation de l'axe adrénocorticotrope.

Sasaki N et al. Poor sleep and cardiovascular disease: different pattern of sleep disturbance in ischemic heart diseaseand stroke ESC 2017 Abstract #83473.

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