Insuffisance cardiaque : le sang de cordon serait indiqué

Au Chili, un essai portant sur l'utilisation de cellules souches dérivées du cordon ombilical s'est révélé encourageant dans le traitement de l'insuffisance cardiaque. Les chercheurs font état d'améliorations notables du muscle cardiaque et de la qualité de vie des patients.
Déjà utilisées en routine pour traiter certaines maladies du sang et considérées comme potentiellement capables de régénérer le cerveau, les cellules souches obtenues à partir de cordons ombilicaux vont peut-être aussi permettre de soigner l'insuffisance cardiaque.
Les auteurs ont recruté 30 participants âgés de 18 à 75 ans et atteints d'une insuffisance cardiaque systolique, qui a été traitée avec les médicaments standards. Ils les ont séparés en deux groupes, l'un recevant un placebo, l'autre des cellules souches de sang de cordon par voie intraveineuse. Ces cellules contiennent 55 fois plus d'HGF (hepatocyte growth factor, facteur de croissance des hépatocytes). Les chercheurs ont par ailleurs précisé que les cordons ombilicaux ont été recueillis après des accouchements par césarienne, sur des donneurs sains ayant donné leur consentement.
Après évaluation par échographie transthoracique et IRM cardiaque, les patients ayant reçu les cellules de sang de cordon ont vu s'améliorer leur fraction d'éjection ventriculaire gauche à 3, 6 et 12 mois, ainsi que leur qualité de vie, la plupart d'entre eux étant moins essoufflés.
Après un an, la fraction d'éjection, représentative de la contraction du coeur, a augmenté en moyenne de 7%. En revanche, aucune amélioration n'a été observée en termes de mortalité, d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque et d'arythmie.
Ce premier résultat est considéré comme significatif. De plus, la procédure est très peu invasive. Comparativement aux cellules extraites de la moelle osseuse, celles qui sont tirées du cordon ombilical sont facilement accessibles, et largement disponibles. Enfin, le traitement n'a pas eu d'effets indésirables et n'a pas entraîné de réponse immunitaire inflammatoire. Reste à confirmer l'essai chilien par des tests cliniques de plus grande envergure.
(référence : Circulation Research, 26 septembre 2017, doi : 10.1161/CIRCRESAHA.117.310712)