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Cinq obstacles à la surveillance active

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La surveillance active (SA) est devenue un mot de passe en oncologie et est déjà utilisée dans la pratique clinique pour le cancer de la prostate à faible risque et dans les essais cliniques pour le cancer de la thyroïde à faible risque. Elle a également été envisagée pour le carcinome canalaire in situ du cancer du sein (CCIS). Si la SA est souhaitable dans ces trois cancers en raison du risque d'un surtraitement et d'un surcoût pour le système de santé, elle se heurte à au moins cinq obstacles.

25 octobre 2017

Obstacle N°1 : définition de la SA

Définir la SA implique de déterminer l'imagerie médicale et les autres outils de surveillance à utiliser, ainsi que la durée de la SA. Dans l'ensemble, il y aura encore beaucoup de travail à accomplir parce qu'il n'existe actuellement pas de directives claires, même pour la SA du cancer de la prostate, qui est déjà utilisée dans la pratique.

Obstacle N°2: obtenir la collaboration du médecin et du patient

Cette collaboration est déjà d'application dans le cas des cancers de la prostate; elle est facilitée par le fait qu'un seul groupe de cliniciens - les urologues - est responsable de la SA. Une approche similaire de la gestion du cancer de la thyroïde existe, car ce sont les endocrinologues qui l'assurent. Mais cet obstacle peut être particulièrement difficile pour les CCIS car il n'est pas évident de déterminer quel spécialiste prendra en charge la SA: médecins généralistes, gynécologues, chirurgiens ou oncologues médicaux? Un leadership est l'une des clés de l'adoption de la SA pour les CCIS.

Obstacle N°3: identification des patients concernés

Parmi les défis qui se posent, il y a l'âge du patient. L'âge médian au moment du diagnostic chez les patients atteints d'un cancer de la prostate est de 66 ans. Compte tenu de l'espérance de vie pour les hommes, il s'agit d'une fenêtre de temps relativement gérable. Par contre, les patients atteints d'un cancer de la thyroïde à faible risque ont 51 ans en moyenne au moment du diagnostic. Ce qui implique entre autres un suivi beaucoup plus long.

Obstacle N°4: maintien de la surveillance

Un certain pourcentage d'hommes atteints de cancer de la prostate est perdu de vue lors du suivi ou ne bénéficie pas de la surveillance recommandée par des biopsies, des dosages de PSA et autres tests. Ce problème est également susceptible d'exister pour le cancer de la thyroïde et le CCIS. La préoccupation commune pour ces trois cancers est que leur progression peut dès lors ne pas être reconnue à temps.

Obstacle N°5: l'anxiété du patient

Il est peu probable que la surveillance active élimine l'inquiétude associée à un diagnostic de cancer. Des outils de soutien personnalisés pour réduire cette inquiétude des patients pendant la SA devront donc être mis en place.

Référence

Haymart MR et al. Active Surveillance for Low-Risk Cancers -- A Viable Solution to Overtreatment? N Engl J Med 2017; 377ž: 203-206

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