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La chirurgie cardiaque est moins risquée l'après-midi

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En étudiant la tolérance du coeur à une privation d'oxygène en fonction du rythme moléculaire circadien des cellules qui le composent, des chercheurs français montrent que le risque de développer de graves complications est deux fois moins élevé lorsqu'une intervention cardiaque est réalisée l'après-midi plutôt que le matin.

Luc Ruidant - 2 novembre 2017

L'équipe lilloise a d'abord mené une première étude au cours de laquelle elle a suivi 596 patients tous opérés entre janvier 2009 et décembre 2015 au CHRU de Lille (298 le matin, 298 l'après-midi), pour le remplacement d'une valve cardiaque. Elle a constaté que 500 jours après l'acte chirurgical, la fréquence des complications sévères, telles qu'un infarctus du myocarde ou une insuffisance cardiaque, était presque 50% moins élevée (9,4% contre 18,1%) chez les patients opérés l'après-midi.

Dans un second temps, les auteurs ont procédé à un essai clinique randomisé dans lequel le moment de la chirurgie cardiaque a été cette fois déterminé de façon aléatoire pour 88 patients. A nouveau, les 44 personnes opérées l'après-midi présentaient un muscle cardiaque moins endommagé que celles ayant subi l'intervention en matinée.

Par la suite, les scientifiques ont procédé à une analyse génétique de biopsies de muscle cardiaque chez des patients ayant subi leur chirurgie le matin et d'autres l'après-midi. Ils ont remarqué que l'expression de nombreux gènes, dont la plupart sont associés au fonctionnement de l'horloge biologique présente dans chacune de nos cellules, y compris des cellules cardiaques, diffère selon le moment de la journée où les prélèvements ont eu lieu.

Dans la foulée, ils se sont intéressés à l'un de ces gènes, dénommé Rev-Erb alpha, dont l'expression est plus élevée le matin. Lorsqu'ils ont bloqué ce gène ou administré des molécules qui neutralisent la protéine Rev-Erb alpha, ils ont observé que le muscle cardiaque des souris récupérait beaucoup mieux d'une intervention mimant la chirurgie et subissait beaucoup moins de dommages.

La compréhension de ce mécanisme permet d'envisager de nouvelles pistes thérapeutiques. De plus, dans un commentaire associé à cette recherche, deux cardiologues lyonnais, Thomas Bochaton et Michel Ovize, considèrent les résultats si convaincants qu'ils recommandent dès maintenant aux chirurgiens cardiaques d'opérer leurs patients les plus à risque l'après-midi.

Références: The Lancet, 26 octobre 2017, DOI : 10.1016/S0140-6736(17)32132-3 et 10.1016/S0140-6736(17)32177-3

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