CANTOS refait parler d'elle

Pour mémoire, l'étude CANTOS présentée à Barcelone lors de l'ESC 2017 a validé la théorie inflammatoire de l'athérome en montrant que le canakinumab, (anticorps monoclonal bloquant l'interleukine 1 β) réduisait les complications cardio-vasculaires de 15 % sans avoir aucun impact sur les lipides, mais en réduisant la CRP ultrasensible (hsCRP) de 35 à 40 %.
L'analyse détaillée de CANTOS indiquait des résultats identiques dans tous les sous-groupes testés, signifiant que les seules données cliniques initiales ne permettaient pas de cerner la sous-population qui bénéficierait le plus de ce type de traitement. L'analyse présentée à Orlando avait donc pour objectif de déterminer si l'importance de la baisse de la hsCRP était corrélée au bénéfice du traitement.
Et c'est effectivement le cas puisqu'il a été documenté une diminution de 25% des événements cardiovasculaires majeurs chez les sujets avec une hsCRP baissant en deçà de 2 mg/l versus 5% chez ceux dont la hsCRP sous traitement restait supérieure à 2 mg/l.
A noter encore que :
• l'analyse multivariée ne fait pas disparaître la relation entre baisse de la hsCRP et réduction du risque cardio-vasculaire,
• ni le choix d'autres seuils de hsCRP sous traitement, ni le classement des patients par tertiles n'impactent le résultat,
• la relation entre la baisse de la hsCRP et le pronostic favorable est également constatée en termes de mortalité cardiovasculaire et de mortalité globale,
• le bénéfice est indépendant de la dose de canakinumab administrée, pour autant que la baisse de CRP soit au rendez-vous.
Selon ces données, la baisse de la hsCRP après une première injection du traitement pourrait donc permettre de sélectionner les patients les plus à même de bénéficier du traitement et ainsi contribuer à optimiser les coûts de santé.
D'après la communication de PM Ridker, AHA 2017