La grippe augmente fortement le risque cardiaque

Durant les sept premiers jours suivant la déclaration d'une infection par le virus de la grippe, confirmée en laboratoire, le risque d'infarctus aigu du myocarde est multiplié par six.
Le fait qu'une infection grippale puisse déclencher un infarctus du myocarde et un décès est suspecté depuis longtemps mais jusqu'ici les études souffraient de nombreux biais, en particulier sur le diagnostic de grippe. Le lien de cause à effet est cette fois confirmé par des travaux basés sur le diagnostic virologique de la grippe.
Les chercheurs se sont appuyés sur près de 20 000 cas de grippe chez des adultes confirmés par des laboratoires en Ontario entre 2009 et 2014. Les résultats finaux ont concerné une série de 364 hospitalisations pour infarctus du myocarde. Ils ont permis d'établir une forte association entre les infections respiratoires aiguës liées à un virus de la grippe et l'infarctus aigu du myocarde. Le risque est maximal pendant les sept premiers jours après le diagnostic virologique. Il est multiplié par six par rapport à ce même risque durant l'année précédant ou suivant l'infection.
Le risque pourrait être plus élevé chez les personnes âgées, les patients atteints d'une infection par le virus grippal de type B, ainsi que ceux subissant un premier infarctus. Un risque important a également été trouvé avec les infections respiratoires causées par d'autres agents viraux, mais pas autant que pour la grippe.
"Nos résultats soutiennent les lignes directrices internationales qui préconisent l'immunisation contre la grippe chez les personnes à haut risque de crise cardiaque," a commenté le Dr Jeff Kwong, auteur principal. Il a ajouté que les malades ne devraient pas temporiser en cas de symptômes cardiaques en particulier dans la première semaine d'une infection respiratoire aiguë. Une consultation médicale est alors impérative et urgente.
(référence : The New England Journal of Medicine, 25 janvier 2018, DOI : 10.1056/NEJMoa1702090)