L'isolement social et la solitude ne sont pas bons pour le coeur

Selon une vaste étude britannique, vivre seul et voir peu de monde accroîtraient le risque d'avoir un infarctus aigu de myocarde ou un accident vasculaire cérébral. L'isolement social est également un facteur d'accroissement de la mortalité chez les personnes ayant des antécédents de crise cardiaque ou d'AVC.
Cette recherche menée par des Finlandais en Grande-Bretagne va certainement conforter la Première ministre Theresa May qui avait surpris en janvier en annonçant la nomination d'une secrétaire d'État chargée des personnes isolées, pour trouver des solutions au fléau social de la solitude qui touche des millions de Britanniques.
Les auteurs ont interrogé 479 054 personnes d'âge moyen (entre 40 et 69 ans) de la cohorte de l'UK Biobank sur leur degré d'isolement social et leur sentiment de solitude. Au cours de la période de suivi (7,1 ans en moyenne), un total de 12 428 participants sont décédés, 5 731 ont eu une première crise cardiaque et 3 471 leur premier AVC. Sur les 5731 participants ayant eu un infarctus aigu du myocarde, 900 sont décédés (16%) au cours du suivi, et sur les 3471 participants ayant eu un AVC, 844 sont décédés (24%) au cours du suivi.
Parmi les résultats, relevons que dans le modèle ajusté pour les données démographiques, l'isolement social était lié à un risque plus élevé de 43% de crise cardiaque et de 39% d'AVC. La solitude est associée à un risque accru de 49% d'infarctus grave du myocarde et 36% d'AVC. Tous ces pourcentages sont atténués après prise en compte de tous les autres facteurs de risque.
De plus, quand on exclut ces autres facteurs de
risques, l'isolement social, mais pas la solitude, augmente la probabilité de décéder de 25% chez les personnes ayant eu une crise cardiaque et de 32% chez celles ayant subi un AVC. L'originalité de cette étude est précisément d'avoir réussi à "isoler" l'isolement social des autres facteurs de risque.
(référence : Heart, 27 mars 2018, doi : 10.1136/heartjnl-2017-312663)