Pression artérielle et pathologie valvulaire aortique

L'analyse des données de 5,5 millions d'individus suivis en médecine générale montre que le niveau de pression artérielle est corrélé positivement au risque de pathologie valvulaire aortique et que cela ne concerne pas que les niveaux élevés de pression.
Dans le cadre d'un suivi médian de 9,2 ans, les investigateurs ont répertorié 20.680 cas de rétrécissement aortique (RA) et 6.440 cas d'insuffisance aortique (IA) correspondant à des incidences globales respectives de 0,38% et 0,12%.
Ils rapportent l'existence d'une relation continue positive entre le niveau de pression artérielle systolique (PAS) et le risque ultérieur de diagnostic d'un RA ou d'une IA.
Concrètement pour tous les sujets ayant une PAS > 115 mm Hg, chaque augmentation supplémentaire de 20 mm Hg s'accompagne d'un risque ultérieur (IC 95%) majoré de 41% (38-45) pour le RA et de 38% (31-45) pour l'IA et chaque augmentation de 15 mm Hg de la pression pulsée est associée à une majoration du risque de 46% (42-50) pour le RA et de 53% (45-62) pour l'IA.
L'augmentation de la diastolique n'est associé qu'à une augmentation du risque de RA, soit +24% (19-29) par tranche de 10 mm Hg supplémentaire.
Par rapport aux sujets ayant une PAS ≤ 120 mm Hg, la probabilité de diagnostic en cours de suivi d'un RA était plus de deux fois plus élevée HR 2,27 (2,12-2,43) et celle de diagnostic d'une IA presque deux fois plus élevée, HR 1,96 (1,68-2,29) chez ceux dont la PAS était ≥ 161 mm Hg.
Des résultats qui suggèrent donc que le risque existe même pour des niveaux de pression qui ne signent pas une HTA (140/90 mm Hg) et que maintenir la PAS en dessous des 140 mm Hg pourrait être un moyen de prévenir la pathologie valvulaire aortique qui frappe avec prédilection les sujets âgés.
K Rahimi et al. Eur Heart J. 2018 Sep 12. [Epub ahead of print]. https://academic.oup.com/eurheartj/advance-article/doi/10.1093/eurheartj/ehy486/5094940