Apnées obstructives du sommeil du sujet âgé et risque vasculaire

L'influence de l'âge sur la relation entre le syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) et l'incidence d'événements cardiovasculaires reste controversée.
Raison pour laquelle une équipe espagnole s'est penchée sur ce problème via une évaluation de cette relation dans une large cohorte de patients âgés (≥ 65 ans) chez qui était suspecté un syndrome d'apnées obstructives du sommeil et enrôlés dans une étude observationnelle prospective menée dans 2 hôpitaux universitaires (Séville et Valencia).
L'analyse a recherché d'une part l'influence sur l'incidence d'accidents vasculaire cérébraux sur une population de 859 sujets dans le cadre d'une médiane de suivi de 72 mois (Q1 50-Q4 88,5) et d'autre part sur l'incidence d'événements coronaires sur une population de 794 sujets dans le cadre d'une médiane de suivi de 71 mois (Q1 51,5-Q4 89). Le rôle éventuel du traitement par application de pression positive continue (CPAP) sur ces associations a également été recherché.
Le SAOS était défini par un indice d'apnée-hypopnée (IAH) ≥ 15 et les sujets ont été répartis en trois groupes
- SAOS léger à modéré (IAH 15-29) non traité (pas de CPAP ou utilisée <4 h/j), SAOS sévère (IAH ≥30) non traité,
- SAOS toute gravité traité (CPAP ≥ 4 h/j).
Par rapport aux sujets ayant un IAH < 15 qui servait de groupe de référence, le risque relatif entièrement ajusté d'incidence d'accident vasculaire cérébral était de 3,42 (IC 95% 1,37-8,52) pour les SAOS sévères non traités, de 1,76 (0,62-4,97) pour les SAOS légers à modérés non traités et de 1,02 (0,41-2,56) pour les SAOS traités par CPAP. Aucune association significative avec l'incidence d'événements coronaires n'a été retrouvée pour ces mêmes catégories de SAOS.
Pour mémoire dans SAVE, la plus grande étude randomisée à ce jour concernant l'impact de la CPAP sur le pronostic cardiovasculaire des sujets avec SAOS n'a pas globalement montré d'effet bénéfique global, mais a justement permis de réduire de risque d'AVC de près de 50% chez les sujets ayant une bonne compliance à ce traitement. A bon entendeur...
P Catalan-Serra et al. Stroke. 2018 Dec 11 [Epub ahead of print]. https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/STROKEAHA.118.023353