Les femmes non-ménopausées n'ont pas toutes un faible risque cardiovasculaire

Les décès d'origine cardiovasculaire ont globalement diminué au cours des dernières décennies, mais tout le monde n'en a pas profité, ce dont témoigne l'absence de diminution chez les femmes non ménopausées de moins de 50 ans.
Pour tenter de comprendre cette injustice, deux investigatrices ont passé au crible les données factuelles de haute qualité publiées entre 2008 et 2018.
Il ressort de cette analyse que les outils actuels d'évaluation du risque cardiovasculaire en prévention primaire reposent en grande partie sur l'âge et les facteurs de risque traditionnels et qu'ils ont une singulière tendance à sous-estimer le risque chez certaines femmes encore jeunes.
Pour identifier et protéger correctement les femmes jeunes non ménopausées à risque élevé, il importe de sortir des sentiers battus et prendre bien conscience que si les femmes non ménopausées constituent une population à faible risque, il n'en existe pas moins en son sein des sous-groupes qui ont un risque élevé.
Il s'agit d'une part des femmes ayant un diabète, présentant un syndrome métabolique et les fumeuses (trois caractéristiques qui sont des facteurs de risque importants) et d'autre part de celles présentant diverses situations spécifiques aux femmes en âge de procréer et qui peuvent constituer des facteurs de risque spécifiques ou aggraver un risque cardiovasculaire déjà élevé. (dysfonctionnements ovariens de type syndrome des ovaires polykystiques, ménopause précoce d'origine chirurgicale ou pharmacologique et complications de la grossesse, telles qu'hypertension gravidique et pré-éclampsie. En matière de traitements contre l'infertilité et de techniques de reproduction médicalement assistée, les données disponibles sont en revanche limitées et contradictoires.
Les investigatrices sont d'avis que les femmes non ménopausées correspondant à ces critères devraient subir un dépistage précoce d'atteinte cardiovasculaire, bénéficier d'un suivi rapproché et de conseils sur les éventuelles modifications à apporter au mode de vie.
K Srivaratharajah & BL Abramson. CMAJ February 11, 2019; 191: E159-E163. http://www.cmaj.ca/content/191/6/E159