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Carcinome nasopharyngé : la chimio-radiothérapie s'avère plus efficace

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Dans cette étude randomisée de phase 3 impliquant des patients atteints d'un carcinome nasopharyngé de stade II, 114 patients ont été traités par radiothérapie seule (= le groupe RT : traité par une dose thérapeutique cumulée de 68-70 Gy au niveau de la tumeur primaire et 60-62 Gy au niveau de la région du cou concernée), et 116 par chimio-radiothérapie (= le groupe CRT : administration de cisplatine à une dose de 30 mg/m² par semaine, pendant la radiothérapie).

Dr Hubert Claes - 16 avril 2019

Avec un suivi médian de 125 mois, il a fallu conclure qu'au bout de 10 ans, le traitement avait échoué chez 68 patients (28,3 %), et que 58 patients (25,2 %) étaient décédés.

Comparativement à la survie à 5 ans, la survie globale à 10 ans est passée de 85,8 % à 65,8 % dans le groupe RT et de 94,5 % à 83,6 % dans le groupe CRT. Cette supériorité du groupe CRT sur le plan de la survie globale à 10 ans (83,6 % vs 65,8 %) était également perceptible en termes de survie spécifique du cancer (86,2 % vs 71,9 %), de survie sans récidive locorégionale (76,7 % vs 64,0 %) et de survie sans métastases distales (94 % vs 83,3 %).

Sur les 58 décès, 41 (70,7 %) (28 dans le groupe RT et 13 dans le groupe CRT) étaient imputables à la progression tumorale et 8 (13,8 %) au traitement. On a noté une récidive locorégionale chez un nombre comparable de patients dans les deux groupes, soit 15 (sur 114) et 13 (sur 116), respectivement dans le groupe RT et dans le groupe CRT, ce qui témoigne d'un taux de contrôle local similaire dans les deux groupes. Par ailleurs, l'effet de la chimiothérapie était clair en ce qui concerne les métastases à distance, qui se sont produites chez 19 patients (16,7 %) du groupe RT, contre seulement 7 patients (6,0 %) du groupe CRT.

Bien qu'on ait noté davantage d'effets toxiques immédiatement après le traitement dans le groupe CRT (P = 0,001), la toxicité tardive et les décès liés au traitement étaient comparables dans les deux groupes. Chez les survivants, on a noté une xérostomie de grade II ayant un impact significatif sur l'alimentation chez 46 patients (59,0 %) du groupe RT et 52 patients (57,0 %) du groupe CRT. En ce qui concerne la perte d'audition, la fibrose cutanée, le trismus et une atteinte neurologique, l'incidence dans le groupe CRT était comparable à celle du groupe RT. En tout, on a relevé 40 (34,5 %) phénomènes de toxicité tardive de grade III ou IV dans le groupe CRT, contre 30 (26,3 %) dans le groupe RT.

La chimiothérapie améliore donc la survie globale, sans augmenter les effets indésirables.

Li, X-Y., Chen, O-Y., Sun, X-S. et all: Ten-year outcomes of survival and toxicity for a phase III randomised trial of concurrent chemoradiotherapy versus radiotherapy alone in stage II nasopharyngeal carcinoma.,European Journal of Cancer 110 (2019) 24 - 31. Available online 7 February 2019. https://doi.org/10.1016/j.ejca.2018.10.020

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