Style de vie et pronostic de l'infarctus

Chez les sujets ayant fait un infarctus, une étude suggère que la conjonction de deux attitudes alimentaires est néfaste pour le pronostic.
Ce travail mené au Brésil porte sur une population de 113 patients (âge moyen 60 ans, 73% d'hommes) victimes d'un infarctus ST+ qui ont été interrogés sur leurs habitudes alimentaires lors de leur admission en soins coronaires intensifs.
Au total, 58 % d'entre eux ont mentionné qu'au moins 3 fois par semaine ils sautaient le petit-déjeuner (pas d'alimentation solide avant le repas de midi), 51 % ont reconnu qu'au moins 3 fois par semaine ils allaient se coucher rapidement après leur repas du soir (intervalle < 2 heures entre le repas et le coucher, ce qui est très habituel chez ceux qui mangent tard) et 41 % cumulaient les deux comportements.
Les résultats indiquent que chez ces cumulards, le risque de décès, de nouvel infarctus ou d'angine de poitrine est quatre à cinq fois plus élevé au cours des 30 jours suivant la sortie de l'hôpital.
A noter que dans ce travail, l'utilisation de statines avant l'infarctus était significativement plus élevée chez ceux qui présentaient ces mauvaises habitudes alimentaires (76% versus 35%) ainsi que chez ceux qui ont eu un pronostic défavorable (72% versus 46%), une constatation qui suggère que ces patients perçoivent les statines comme une alternative aux modifications de comportement ou un moyen d'annihiler les effets de ces comportements, ce qui est une erreur profonde. Pour mémoire la prévention pharmacologique médicamenteuse doit s'ajouter aux classiques mesures hygiéno-diététiques, elle n'a pas vocation à les remplacer.
G.N.F. Musse et al. Eur J Prev Cardiol. 2019 Apr 17. [Epub ahead of print].