Bonne nouvelle pour les insuffisants cardiaques ambulatoires stables

L'essai randomisé contrôlé ReBIC-1, mené en double aveugle par le réseau de recherche brésilien sur l'insuffisance cardiaque (ReBIC), montre qu'il est tout à fait possible d'alléger leur traitement en arrêtant la prise de diurétique.
Cet essai a concerné 188 insuffisants cardiaques (FE ≤ 45%), peu ou pas symptomatiques (classe NYHA I ou II), non hospitalisés au cours des 6 derniers mois et traités par de faibles doses de furosémide (40 à 80 mg/j) depuis au moins 6 mois. La randomisation les a alloués à un bras sevrage (furosémide arrêté et remplacé par un placebo, n=95) ou à un bras poursuite du traitement à l'identique (n=93).
Cet essai comportait deux co-critères principaux évalués au cours des 90 jours de suivi:
• la sensation de dyspnée (4 évaluations par le patient sur une échelle visuelle analogue)
• la proportion de patients des 2 bras maintenus sans diurétiques surajoutés
Dans le cadre des 90 jours de suivi, 5 hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou recours aux urgences et 23 recours au furosémide ont été documentés dans le bras sevrage et dans le bras poursuite, il y a eu 2 décès, 3 hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou recours aux urgences et 15 recours à un surcroît de furosémide.
Il n'a pas été constaté de différence significative entre les deux bras en termes de dyspnée perçue par les patients. En matière de diurétiques, 75,3% des patients du bras sevrage sont restés sans diurétiques et 84% des patients du bras poursuite sont restés sous leur dose initiale (p=0,16).
En clair, chez les insuffisants cardiaques stables tels que définis, le sevrage diurétique ne s'accompagne pas de plus de dyspnée et n'engendre pas d'augmentation de réutilisation de diurétiques, globalement environ 20% des patients de chacun des deux bras ont eu besoin d'un complément de diurétique, probablement pour soulager l'un ou l'autre symptôme en rapport avec la rétention hydrique.
La recommandation qui découle de cet essai est que pour les patients concernés (qui représentent une bonne part des patients ambulatoires), l'arrêt des diurétiques est possible pour autant qu'ils sachent qu'ils doivent consulter en cas d'oedème, d'essoufflement ou de prise de poids.
D'après Andreia Biolo et al. Heart Failure 2019, congrès scientifique de l'European Society of Cardiology Athènes 25-28 mai, Session Late Breaking Trial II