L'ajout d'une chimiothérapie d'induction améliore l'effet d'une chimio-radiothérapie classique en cas de carcinome nasopharyngé localement étendu

Cette étude randomisée, ouverte, de phase III, a comparé l'utilisation d'une chimiothérapie d'induction (IC) suivie d'une chimio-radiothérapie (CRT) (238 patients) par rapport à une CRT seule (238 patients) chez des patients présentant un carcinome nasopharyngé de stade III-IVB (à l'exception de T3N0-1). L'IC consistait en 2 cycles de cisplatine (80 mg/m²) et de fluorouracil (800 mg/m²) avec un intervalle de 3 semaines avant la CRT. Dans les 2 groupes, la CRT consistait en 80 mg/m² de cisplatine toutes les 3 semaines, en même temps que la radiothérapie.
Après un suivi médian de 82,6 mois, la survie sans maladie à 5 ans atteignait 73,4 % ([IC] 95 % 67,7-79,1) dans le groupe 'IC puis CRT' et 63,1 % (IC 95 % 56,8-69,4) dans le groupe 'CRT seule' (p = 0,007). La survie sans métastases à 5 ans était également significativement plus élevée dans le groupe 'IC puis CRT' (82,8 %, IC 95 % 77,9-87,7) que dans le groupe 'CRT seule' (73,1 %, IC 95 % 67,2-79,0, p = 0,014).
Bien qu'en termes de survie globale, on n'ait pas observé de différences significatives après 3 ans (87,9 % vs 85,0 %, HR = 0,74 [IC 95 % 0,46-1,18], p = 0,208), il y avait bien une différence au bout de 5 ans, et la survie était nettement meilleure : 80,8 % dans le groupe 'IC puis CRT' contre 76,8 % dans le groupe 'CRT seule' (HR = 0,69 [IC 95 % 0,49-0,98], p = 0,040).
L'effet indésirable de grade 3 à 4 le plus fréquent pendant l'IC était la neutropénie (14,7 %). Pendant la CRT, la prévalence globale des effets indésirables de grade 3 à 4 était significativement plus élevée dans le groupe 'IC puis CRT' que dans le groupe 'CRT seule' (66,3 % vs 49,1 %, p < 0,001).
Cependant, au cours de la période de suivi, on a retenu un nombre significativement plus élevé de patients présentant des lésions oculaires dans le groupe 'CRT seule' que dans le groupe 'IC puis CRT' (16,4 % [39/238] vs 9,7 % [23/238], p = 0,029).
La différence sur le plan de l'incidence de paralysie des nerfs crâniens consécutive à la radiothérapie était de 16,0 % (38/238) dans le groupe 'CRT seule' contre 10,1 % (24/238) dans le groupe 'IC puis CRT', ce qui constitue une signification statistique marginale (p = 0,057).
L'IC suivie d'une CRT est associée à une meilleure survie sans maladie ou sans métastases et à une meilleure survie globale que la CRT seule, et cette approche peut donc être recommandée pour le traitement d'un carcinome nasopharyngé localement étendu.
Yang, Q., Cao, S-M., Guo, L. et al: Induction chemotherapy followed by concurrent chemoradiotherapy versus concurrent chemoradiotherapy alone in locoregionally advanced nasopharyngeal carcinoma: long-term results of a phase III multicenter randomized controlled trial. European Journal of Cancer 119 (2019) 87-96. Received 9 January 2019; received in revised form 23 June 2019; accepted 4 July 2019, https://doi.org/10.1016/j.ejca.2019.07.007