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La prise en charge d'une grossesse en cas de LMC

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Des patientes atteintes de leucémie myéloïde chronique (LMC) qui sont tombées enceintes ont été sélectionnées dans la base de données European LeukemiaNet (ELN). On a examiné les malformations congénitales chez les enfants et l'évolution de la LMC chez les mères, en fonction du médicament utilisé.

Dr Michelle Cooreman - 29 janvier 2020

Au total, 222 cas ont été identifiés.1 Trois scénarios sont possibles, comme l'a expliqué le Pr Samantha Benghiat (Hôpital Erasme, Bruxelles) lors de cette réunion post-ASH. Dans 47 cas, le diagnostic de LMC avait été posé lors de l'analyse de sang établissant la grossesse. Chez 16 patientes, aucun traitement n'a été nécessaire pendant la grossesse, et il a pu être différé jusqu'après l'accouchement. 15 futures mères ont reçu de l'interféron au cours des premier, deuxième et troisième trimestres, tandis que 19 ont reçu de l'imatinib au cours des deuxième et troisième trimestres. Aucune malformation congénitale n'a été observée dans ce groupe.

80 femmes étaient en DMR (réponse moléculaire profonde = RM ≥ 4, ou bcr-abl/abl < 0,01 %) lorsqu'elles sont tombées enceintes. Chez 66 d'entre elles, la fécondation s'est produite sous inhibiteurs de la tyrosine kinase (TKI), sans qu'aucune malformation congénitale n'ait été rapportée chez les enfants. 59 patientes n'ont pas eu besoin de traitement pendant la grossesse, 7 ont pris de l'imatinib et 4 du nilotinib au cours des deuxième et troisième trimestres, tandis que les 10 autres ont reçu de l'interféron. On n'a pas remarqué de progression vers une phase blastique. Un cas de duplication du rein/de l'uretère a été noté, mais dans le groupe non traité.

Parmi les femmes qui n'étaient pas en rémission moléculaire majeure (RMM = bcr-abl/abl < 0,1 %) (n = 95), beaucoup ont eu besoin d'un traitement pendant la grossesse : 35 un TKI, 20 de l'interféron et 3 de l'hydroxyurée. Quatre patientes ont montré une progression vers une phase blastique, mais ces patientes n'avaient pas été très compliantes au traitement. Quatre enfants présentaient une malformation congénitale légère : une polydactylie chez un enfant né d'une mère qui avait remplacé le nilotinib par du peg-interféron à 4 semaines, un hypospadias sous interféron et 2 foramens ovales perméables sous imatinib (< 4 semaines et > 32 semaines).

En bref

• Les patientes souffrant d'une LMC peuvent envisager une grossesse.

• Le traitement peut être différé sans risques par rapport à l'évolution de la LMC.

• En cas de conception sous TKI, le message est d'arrêter rapidement le médicament (4-5 semaines). L'arrêt du TKI avant la conception n'est pas recommandé, en raison du risque de perte de réponse.

• Après 13-15 semaines (après l'organogenèse), il faut préférer les TKI ayant une pénétration placentaire faible (imatinib ou nilotinib).

• Chez les patientes qui ne sont pas en DMR, un passage rapide à l'interféron peut maintenir la rémission hématologique.

1Abruzzese E et al. ASH 2019, abstr. 498

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