Cancer urothélial métastatique : l'atézolizumab offre une plus-value, principalement sur la survie à long terme

Dans cette étude de phase III, multicentrique, contrôlée et randomisée, 467 patients ayant un cancer urothélial localement avancé ou métastatique et une récidive après un traitement antérieur à base de platine ont été traités par l'atézolizumab (1.200 mg) tandis que 464 étaient traités par une chimiothérapie classique (vinflunine 320 mg/m2, paclitaxel 175 mg/m2, ou docétaxel 75 mg/m2 selon la préférence de l'investigateur) administrée par voie intraveineuse toutes les trois semaines.
L'analyse principale, après un suivi médian de 17,8 mois, n'a pas révélé d'amélioration statistiquement significative de la survie globale dans le groupe atézolizumab par rapport au groupe sous chimiothérapie (survie globale médiane de 11,1 mois vs 10,6 mois ; HR : 0,87 ; IC à 95 % : 0,63-1,21 ; p = 0,41).
Toutefois, une analyse plus étendue a montré une survie globale meilleure sur le plan numérique (survie globale médiane de 8,6 mois vs 8,0 mois ; HR : 0,85 ; IC à 95 % : 0,73-0,99) et une survie globale à 12 mois supérieure (39 %, IC à 95 % : 35-44 % vs 32 %, IC à 95 % : 28-37 %) pour les patients traités par l'atézolizumab en comparaison de la chimiothérapie. Ces résultats ont justifié la mise en place d'un suivi à plus long terme de la survie globale et des effets indésirables. Après un suivi médian de 33 mois (range : 0-42,3), les investigateurs ont retenu une meilleure survie globale pour l'atézolizumab après 24 mois (23 % vs 13 %) et après 30 mois (18 % vs 10 %).
De meilleurs résultats ont également été notés en ce qui concerne les effets indésirables pour les patients traités par l'atézolizumab par rapport à la chimiothérapie classique : les patients du groupe chimiothérapie ont présenté davantage d'effets indésirables liés au traitement de grade 3-4 (43 % vs 22 %) et davantage d'effets indésirables entraînant l'interruption du traitement (18 % vs 9 %) que les patients traités par l'atézolizumab. Un nombre plus élevé d'effets indésirables spécifiques a cependant été observé parmi les patients traités par l'atézolizumab (35 % vs 20 %). Ces effets indésirables n'étaient généralement que de grade 1-2 et étaient faciles à traiter moyennant l'instauration d'une thérapie standard ou la suspension d'une dose du médicament.
Van der Heijden, M.S., Loriot, Y., Dura ́n, I. et all: Atezolizumab Versus Chemotherapy in Patients with Platinum- treated Locally Advanced or Metastatic Urothelial Carcinoma: A Long-term Overall Survival and Safety Update from the Phase 3 IMvigor211 Clinical Trial. European. Eur Urol 2021 Apr 23; S0302-2838(21)00230-X. Accepted March 24, 2021 https://doi.org/10.1016/j.eururo.2021.03.024