Risque cardiovasculaire, au-delà du cholestérol lié aux LDL et HDL

L'idée que les personnes ayant à la fois un C-LDL bas et un C-HDL relativement élevé sont à faible risque a longtemps prévalu. Cependant au fil du temps, des études ont suggéré que cette vision était probablement un peu simpliste et que le cholestérol résiduel (CR = C Total - [C-LDL + C-HDL]) était également un facteur à prendre en compte dans l'établissement du risque cardio-vasculaire dans la mesure où il ressortait comme prédicteur indépendamment du niveau de C-LDL.
Ainsi une étude d'une équipe du John Hopkins, mise en ligne par l'European Heart Journal en juillet (doi.org/10.1093/eurheartj/ehab432), fait état de l'analyse des données de plus de 17.500 sujets indemnes d'athérosclérose inclus dans 3 études américaines. Ce travail montre dans le cadre d'un suivi médian de 18,7 ans, que près d'une personne sur cinq ayant des niveaux de CR ≥ 24 mg/dl a présenté un accident cardiaque ou vasculaire cérébral ischémique majeur et que cette proportion était similaire chez les sujets ayant un C-LDL ≥130 mg/dl ou <130 mg/dl. Il indique également que le lien entre CR élevé et risque cardiovasculaire accru persiste après prise en compte des autres facteurs de risque classiques.
Ces résultats sont confortés par ceux d'une équipe danoise qui a travaillé sur les données de la Copenhagen General Population Study (CGPS: près de 107.000 sujets, 15 ans de suivi) et de la Copenhagen City Heart Study (CCHS: près de 14.000 sujets, plus de 40 ans de suivi).
Les résultats mis en ligne par l'European Heart Journal en octobre doi.org/10.1093/eurheartj/ehab705) indiquent que dans la CGPS, par rapport aux sujets du quartile de CR <19 mg/dl, ceux du quartile de CR ≥ 58 mg/dl ont un risque majoré d'artérite périphérique (HR 4,8), d'infarctus (HR 4,2) et d'AVC ischémique (HR 1,8). Pour les sujets inclus dans la CCHS, les HR respectifs sont 4,9, 2,6 et 2,1. De quoi inciter à calculer le CR.
D'après successivement Quispe R et al. et Wadström BN et al.