Abemaciclib, le palmarès s'enrichit

SABCS - L'essai monarchE, auquel a contribué la Belgique sous la direction de Patrick Neven (KUL), a montré qu'en adjuvant la combinaison abemaciclib (150 mg x 2/j) + traitement endocrinien (ET = inhibiteur de l'aromatase ou tamoxifene) améliorait la survie sans maladie invasive (IDFS critère principal) et la survie sans rechute à distance (DRFS) en cas de cancer du sein précoce (EBC) HR+/HER2- avec atteinte ganglionnaire et à haut risque.
Lors du SABCS 2022 (6-10 décembre) ont été présentés des résultats d'efficacité à 4 ans et les données de l'analyse intermédiaire préspécifiée de survie globale.
Pour rappel
Dans cette étude l'ET était administré pendant 5 à 10 ans maximum, soit seul, soit avec de l'abemaciclib pendant une période de 2 ans.
Le haut risque était défini par la présence
• d'au moins 4 ganglions lymphatiques axillaires (ALN) positifs
OU
• de 1 à 3 ALN positifs dans le contexte
- soit d'une maladie de grade 3 et/ou d'une tumeur ≥ 5 cm (cohorte 1, n = 5.120),
- soit d'un Ki-67 ≥ 20% (évaluation centralisée, cohorte 2, n = 517).
Efficacité à 4 ans
Lors d'un suivi médian de 42 mois et alors que plus aucune patiente ne recevait d'abemaciclib, il s'avère que le bénéfice de l'abemaciclib est durable et croît au-delà des 2 ans de traitement.
Par rapport au bras ET seul, il est constaté dans le bras abemaciclib +ET une moindre survenue d'événements en rapport avec l'IDFS (336 vs 499; HR 0,66 ; p<0,0001) et avec la DRFS (281 vs 421 ; HR 0,66 ; p<0,0001).
Le moindre risque de maladie invasive et de rechute à distance en relation avec l'abemaciclib se traduit par des gains absolus qui passent respectivement à 2, 3 et 4 ans de 2,8% à 4,8% puis 6,4% pour l'IDFS et de 2,5% à 4,1% puis 5,9% pour la DRFS.
A noter encore que les bénéfices de l'abemaciclib sont observés indépendamment du taux de Ki-67 et qu'aucun nouveau signal de sécurité n'a été observé.
Survie globale
A ce stade les données concernant l'OS sont encore immatures (médiane non atteinte dans aucun des 2 bras), mais il y a eu moins de décès dans le bras abemaciclib + ET que dans le bras ET seul soit 157 (5,6%) vs 173 (6,1%) et il y a également moins de patientes en vie avec des métastases, respectivement 125 et 249. Le suivi se poursuit.
En conclusion
Le bénéfice statistiquement et cliniquement significatif de l'ajout de l'abemaciclib à l'ET en adjuvant dans les cas d'EBC HR+/HER2- avec atteinte ganglionnaire et à haut risque persiste et croît au-delà de la fin du traitement par l'abemaciclib, entraînant une augmentation du bénéfice absolu de l'IDFS et de la DRFS à 4 ans.
Le moindre nombre de décès dans le bras abemaciclib + ET par rapport au bras ET seul suggère qu'un signal de survie (à ce stade numérique) en faveur de l'abemaciclib est en train d'émerger.
Pour plus de détails se référer au site de The Lancet Oncology (accès sans frais)
https://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(22)00694-5/fulltext
D'après la présentation de Stephen R.D. Johnston, London, UK. SABCS 2022, abstract GS1-09