Journée mondiale contre le cancer
Accélérer la transition vers des traitements personnalisés
À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer (4 février), la Fondation contre le Cancer met en lumière les avancées prometteuses de la recherche en médecine personnalisée. Tous les patients ne réagissent en effet pas de la même manière aux traitements, notamment à l'immunothérapie.
Selon des chiffres de la Fondation Registre du Cancer, plus de 77.000 nouveaux diagnostics de cancer ont été posés en 2023 en Belgique. Un nombre en augmentation, dû principalement à la démographie et au vieillissement de la population. Parallèlement, la mortalité diminue pour toujours plus de cancers et la survie à cinq ans continue de progresser.
"Une évolution positive qui reflète l’impact majeur de la recherche scientifique et de l’innovation", souligne la Fondation contre le Cancer dans un communiqué. "Pour poursuivre sur cette lancée, l’accélération de la recherche, notamment dans la personnalisation des traitements, est essentielle."
Comprendre ce qui ne fonctionne pas
Pourquoi certains cancers résistent-ils aux traitements ? Et, partant de là, comment prédire quel traitement sera efficace pour quel patient ?
Tous les patients ne réagissent pas de la même façon: certaines thérapies innovantes comme l’immunothérapie restent inefficaces pour une partie des malades, par exemple. Mieux comprendre les mécanismes sous-jacents permet d’orienter les patients vers les thérapies les plus adaptées... et leur évite des traitements lourds ou inutiles.
Ainsi, plusieurs projets soutenus par la Fondation (35 millions d’euros investis en recherche en 2024) se concentrent spécifiquement sur la compréhension de la résistance thérapeutique et sur l’amélioration des outils permettant de prédire la réponse aux traitements.
"Ces deux axes de recherche ouvrent la voie à une médecine véritablement personnalisée, où chaque personne bénéficie du traitement qui lui convient le mieux", explique le Pr Pierre Coulie, coprésident de la Fondation.
"Nous pouvons espérer qu’à moyen terme, le cancer devienne une maladie dont on ne meurt plus." - Pr Pierre Coulie
Deux exemples prometteurs
Exemple 1: personnaliser la chimiothérapie néoadjuvante dans le cancer du sein triple négatif
Ce projet, porté par le Pr François Duhoux des Cliniques universitaires Saint-Luc, vise à déterminer, avant chirurgie, la chimiothérapie la plus efficace pour chaque patiente atteinte d’un cancer du sein « triple négatif »: des organoïdes - petites copies 3D de tumeurs du sein cultivées à partir de biopsies - permettent de prédire la réponse aux traitements, d’éviter des protocoles inutiles et d’orienter chaque patiente vers le traitement le moins toxique et le plus efficace.
Un projet révolutionnaire qui marque un pas décisif vers une médecine vraiment personnalisée pour mieux traiter le cancer du sein "triple négatif", parmi les plus agressifs.
Exemple 2: une immunothérapie innovante dans les cancers agressifs du cerveau
À l’Université d’Anvers, la Pre Evelien Smits et son équipe développent une immunothérapie innovante destinée à traiter, entre autres, le gliome de haut grade. "Ce cancer agressif du cerveau touche aussi bien les enfants que les adultes, et les chances de survie avec les traitements actuels sont faibles : moins d’un patient sur cinq est encore en vie cinq ans après le diagnostic", explique-t-elle.
Elle travaille sur un nouveau traitement combiné, dans lequel l’immunothérapie s’ajoute au traitement standard. Ajouter une modalité thérapeutique permet d’attaquer la tumeur sous un autre angle et de réduire sa capacité à échapper aux traitements.
"Nous utilisons des cellules tueuses naturelles (cellules NK) présentes dans le système immunitaire. En laboratoire, nous dotons ces cellules spécifiques de deux « bras de préhension » différents, leur permettant de se fixer aux cellules cancéreuses et de les détruire. En outre, nous cherchons à rendre l’environnement tumoral plus favorable aux cellules immunitaires, par exemple en adaptant l’alimentation des patients. Lorsque les cellules NK modifiées sont injectées à proximité de la tumeur cérébrale, elles peuvent agir immédiatement."
