Greffe de foie innovante
Première mondiale en transplantation hépatique aux Cliniques Saint-Luc
Le Centre de transplantation des Cliniques universitaires Saint-Luc a réalisé une greffe du foie innovante chez une patiente de 48 ans atteinte de métastases hépatiques colorectales non résécables. L'intervention a été rendue possible grâce à un greffon partiel provenant d'un donneur cadavérique à cœur non battant.
Il s'agit d'une première mondiale, dont les résultats ont été publiés dans une revue de l'American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD).
La transplantation hépatique souffre d'une pénurie persistante de donneurs, poussant les équipes médicales à développer de nouvelles approches pour élargir le nombre de greffons disponibles. Longtemps jugés plus risqués en raison de lésions potentielles liées à l'interruption de la circulation sanguine, les organes issus de donneurs à cœur non battant suscitent toutefois un intérêt croissant.
##video:EAKbe2606V01##
Greffon en perfusion
Dans ce cas, le foie prélevé a été placé dans une machine de perfusion hypothermique oxygénée afin d'en préserver la qualité, avant d'être divisé en deux: la partie gauche a été implantée chez la patiente, tandis que la droite a été attribuée à un autre receveur.
Grâce à une technique destinée à stimuler sa croissance, le greffon a atteint un volume suffisant pour permettre l'ablation du foie malade 11 jours plus tard.
La patiente en rémission
L'évolution clinique s'est révélée favorable. Quinze mois après la procédure, la patiente est en rémission oncologique et ne présente ni rejet ni complications majeures.
"La greffe n'offre pas la certitude que la maladie ne reviendra pas. Mais dans le cas présent, la patiente est toujours en vie plusieurs mois après l'intervention et sa qualité de vie s'en trouve nettement améliorée. Cette opération lui a clairement ouvert d'autres perspectives que les traitements chimiothérapiques et palliatifs auxquels elle était promise", se réjouit le Dr Laurent Coubeau (Centre de chirurgie de l'Institut Roi Albert 2 des Cliniques Saint-Luc) qui a participé à l'intervention.