PremiumVrije tijd en de geneeskunde

Cardiologue à temps plein, vigneron à mi-temps

Quand il ne soigne pas des cœurs fatigués ou qui fibrillent, le Dr Léopold Loumaye écoute les battements de son vignoble au pas des chevaux de trait. Bienvenue aux vins des jardins d’Annevoie, une jolie affaire de famille entre médecine, patrimoine et agriculture biologique.

Cécile Vrayenne - 27 mei 2026

Dr léopold Loumaye cardiologue vigneronAu siècle dernier, on croyait dur comme fer que le vin (rouge) était le meilleur ami de nos artères… De là, pour un cardiologue, à planter près de 13 hectares de vignes ? Non, bien sûr. C’est via son oncle vétérinaire, installé en Bourgogne et à qui il donnait un coup de main quand il était ado, que le Dr Léopold Loumaye, cardiologue spécialisé en rythmologie au Grand Hôpital de Charleroi (GHDC), a découvert la passion de la vigne. « Je l’aidais au cabinet, puis nous allions déguster dans des caves », se souvient-il.

Un projet œnotouristique

En 2017, ses parents (le Dr Ernest-Tom Loumaye, ex-gynécologue aux Cliniques Saint-Luc de Bruxelles et entrepreneur en biotechnologies en Suisse, NdlR) reprennent le château et les jardins d’Annevoie, en bord de Meuse namuroise. Les travaux de rénovation sont magistraux, exécutés dans les règles de l’art et le respect de leur histoire grâce à une centaine d’artisans majoritairement du cru, avec quelques compagnons venus expressément de France.

Mais comment partager la beauté de ce domaine - qui devrait bientôt retrouver sa place au Patrimoine exceptionnel de Wallonie - avec le public ? La question taraude Léopold Loumaye, par ailleurs également féru d’agriculture biologique. « Mes parents avaient quelques terres, dont la prairie juste à côté du château. J’avais envie d’amener des gens aux jardins, tout en produisant quelque chose de local », explique-t-il.

« Il y a une certaine synergie entre le jardin historique et les vignobles. »

C’est ainsi que naît l’idée d’un projet œnotouristique. En avril 2020, alors que le monde plonge dans les ténèbres de la pandémie de covid-19, le voilà, sous un ciel bleu azur, en train de planter 11,5 hectares de vignes de cinq cépages différents. « Ce sont des cépages dits « interspécifiques », surtout suisses et autrichiens, qui ont une meilleure résistance aux maladies, ce qui nous permet d'être en bio en Belgique », précise le cardiologue. « Là, nous venons de replanter 1,20 hectare, de Johanniter et d’un autre rouge qui s'appelle du monarch. Nous avons donc six cépages maintenant, sur une surface de 12,7 hectares pour être précis. » Annevoie propose quatre vins différents pour l’instant : un vin blanc tranquille, un mousseux, un bulle rosée et un rouge (Cabaret noir).

Aux côtés du médecin pour gérer le vignoble et les processus de vinification, Damien Briard. Une rencontre fruit du hasard. « Philippe Berger, maître sommelier et champion du monde de dégustation à l'aveugle, habite à trois maisons du château. Je suis allé toquer à sa porte et c'est lui qui nous a mis en contact. Damien est belge, il est de Daves, un village pas loin. Il a toujours voulu être vigneron et il est parti en France à 18 ans pour se former. Il a travaillé à Bordeaux, en Champagne et un peu en Afrique du Sud. Il désirait revenir en Belgique, nous nous sommes rencontrés et le courant est bien passé. »

Docteur ès vignes

Quand il ne soigne pas des cœurs qui battent la chamade, Léopold Loumaye écoute les battements de sa terre… au pas des chevaux de trait. « Nous avons un Percheron, baptisé Kinder, et une Ardennaise, ainsi qu’une jument et sa petite pouliche de bientôt un an ; l'optique est de la faire travailler quand elle aura 3-4 ans. Kinder vient de Champagne, il était déjà formé à la vigne », détaille Léopold Loumaye.

Si le pas d'un cheval a à peu près la même pression au centimètre carré qu'un tracteur, son gros avantage est de passer entre les rangs de vignes, donc loin des pieds. Par ailleurs, un engin agricole fait des rails de tracement et des vibrations qui, sur sols argilo-limoneux tels qu’à Annevoie, donnent des croûtes très dures, parfois jusqu'à 60 centimètres de profondeur. « Le travail de la vigne est très différent du débardage : quand ils travaillent dur, les chevaux de trait ont tendance à accélérer, ici nous leur apprenons à marcher extrêmement lentement pour pouvoir travailler au plus près des vignes sans tasser le sol. »

Ses cours de médecine lui viennent bien à point pour décrypter les rapports d’ingénieurs agronomes et analyses de sol. « Pour l'instant, on touche du bois, on a eu très peu de maladies », se réjouit-il. « Nous utilisons des purins de prêle, d'ortie et de consoude pour booster la résistance des vignes, et des engrais dits foliaires, càd avec des doses de soufre et de cuivre extrêmement diluées. Le soufre ne pose pas de grand souci dans la viticulture, mais le cuivre reste un métal lourd et se fixe dans les sols. On essaie donc d'être le plus parcimonieux possible. On a calculé qu’il faudrait plus de 480 ans de pulvérisation pour commencer à polluer nos sols. On est très en-dessous des normes bio utilisées en Belgique. »

Les vins bio belges, une fierté !

Les vendanges sont réalisées en partie mécaniquement sur quelques parcelles et pour le reste, à la main, en famille, aidée des amis et de collègues de l'hôpital. « Ça prend trois ou quatre journées à 40-50 personnes », détaille le médecin. « On vendange pendant 4-5 heures et on finit par un énorme déjeuner ensemble dans une belle ambiance. »

La production n’a eu de cesse d’augmenter depuis 2023, première année de récolte conséquente. L’année 2024 fut compliquée, avec du gel et pas mal de pluie. « On a quand même sorti une vingtaine de milliers de bouteilles, mais on en espérait le double... En 2025, on est arrivé plus ou moins à 39.000 de bouteilles. On commence à être pas mal sachant qu'en Wallonie, en moyenne, on produit 5.000 bouteilles à l'hectare. On devrait donc arriver aux alentours de 60.000 bouteilles à terme. »

Le travail de la vigne est physique, et pas facile « malgré l’impression un peu glamour qu’on lui prête parfois », souligne le cardiologue. Une activité qui lui permet de se « vider la tête », et dont il apprécie tout particulièrement l’aspect entrepreneurial : « Même si c'est une petite structure, ça permet de voir comment fonctionne une entreprise et d'améliorer les process. Et ça peut être utile dans le domaine hospitalier, en termes de management. Enfin, c'est aussi mettre sa petite pierre à l'édifice pour amener de l'emploi local et tenter de développer la région. Développer une agriculture biologique permet de montrer qu’une autre agriculture est possible. La Belgique, du haut de ses 1.000 hectares de vignes, n'est pas énorme en termes de viticulture mondiale, mais elle a le plus haut taux de viticulture biologique au monde : on est autour de 40-45 %, on peut être fiers. »

Retrouvez ce portrait en intégralité sur notre site www.lejournaldumédecin.com

Les vins d’Annevoie sont disponibles au domaine, dans quelques épiceries et restaurants de la région et sur la boutique en ligne, via le site https://chateaudannevoie.be où l’on peut également trouver les événements et bientôt les visites-dégustations au chai.

Les vins d’Annevoie font partie de BelBul, un label développé, depuis un an, par 14 vignerons flamands et six wallons pour créer une appellation pour les bulles belges. « On ne peut pas l'appeler ‘champagne’, ‘crémant’ est parfois un peu négatif, donc on a créé ‘BelBul’, qui matche dans les deux langues, pour essayer d'unifier les bulles belges et avec un gage de qualité sur base d’un cahier des charges pour une agriculture respectueuse au maximum de l'environnement. L’espoir est qu’on puisse, d’ici dix ans, commander naturellement un « BelBul » au restaurant. »

Wat heb je nodig

Krijg GRATIS toegang tot het artikel
of
Proef ons gratis!Word één maand gratis premium lid en ontdek alle unieke voordelen die wij u te bieden hebben.
  • digitale toegang tot de gedrukte magazines
  • digitale toegang tot Artsenkrant, De Apotheker en AK Hospitals
  • gevarieerd nieuwsaanbod met actualiteit, opinie, analyse, medisch nieuws & praktijk
  • dagelijkse newsletter met nieuws uit de medische sector
Heeft u al een abonnement? 

Deel je (nieuws)verhaal

Heb je nieuws dat relevant is voor onze redactie? Deel het met ons via het meldformulier.

Nieuws melden
Print Magazine

Recente Editie
02 juni 2026

Nu lezen

Ontdek de nieuwste editie van ons magazine, boordevol inspirerende artikelen, diepgaande inzichten en prachtige visuals. Laat je meenemen op een reis door de meest actuele onderwerpen en verhalen die je niet wilt missen.

In dit magazine